Un nombre croissant de jeunes Wallons préfèrent l’anglais aux néerlandais

A l’émission de RTL C’est pas tous les jours dimanche, Christophe Deborsu constatait qu’en première secondaire 61% des jeunes wallons choisissaient l’anglais comme deuxième langue d’apprentissage, 37% le néerlandais et 2% l’allemand. Pour le motif évident que l’anglais est une langue internationale, une sorte de « lingua franca » alors que le néerlandais appris en Belgique n’est utile qu’en Flandre. Et encore, partiellement.
En effet, ce néerlandais officiel (ABN) que les Wallons apprennent n’est pas toujours compréhensible pour de nombreux Flamands qui pratiquent le dialecte, au mieux une « tussentaal (entre l’ABN et le dialecte). Quant aux Pays-Bas, l’accent et la prédilection de l’anglais dans les relations économiques et touristiques (dans les régions situées au-delà du Brabant et du Limbourg néerlandais) ne permettent aux Wallons qu’une pratique épisodique du néerlandais.
Il vaut mieux leur parler en anglais !

Lors de l’émission dominicale, Jean-Luc Crucke, ministre MR au gouvernement wallon, a laissé entendre qu’il imposerait le néerlandais comme deuxième langue aux étudiants wallons si l’enseignement était régionalisé. C’est un projet qui va donc à l’encontre d’une forte majorité des jeunes Wallons. M. Crucke s’est également vanté d’avoir créé voici vingt ans la première école à immersion en néerlandais. Rappelons que le même Crucke est le bourgmestre de Frasne-lez-Anvaing, une commune située à la frontière linguistique (Biest, Ronse, etc.). En conséquence, de nombreux Flamands résident sur ses terres. Prôner l’apprentissage du néerlandais en Wallonie, non sans quelque arrière-pensée électorale locale, représente donc une évidence pour ce frontalier !

En Flandre, l’apprentissage du français par les adolescents (dès que le français n’est plus obligatoire comme au premier degré de l’enseignement) est en recul régulier. Apparemment pas pour des raisons politiques, mais parce que l’anglais courant est nettement plus facile que le français et qu’il est fortement présent dans la culture « jeune » (films, musique, etc.).
Comme autres motivations, on retrouve le voyage et l’envie de faire des connaissances. C’est logique, il y a 300 millions de locuteurs francophones dans le monde, un chiffre en constante progression, notamment grâce à l’Afrique. Sans oublier l’obtention d’un travail gratifiant dans la région de Bruxelles-Capitale, principalement dans l’administration et les grandes sociétés françaises qui y sont installées.
Sur le terrain, dans les grandes entreprises privées, qu’on le veuille ou non, l’anglais s’est imposé comme langue véhiculaire.
Si pour M. Crucke, cette imposition du néerlandais contre le souhait des jeunes étudiants wallons est destinée à renforcer l’unité de la Belgique, nous lui répondons qu’il est largement trop tard : avec la montée en puissance du nationalisme flamand, l’Histoire accélère son cours…

La francophonie dans le monde

Illustration : Molière