Juil 28 2018

Baudouin n’était pas un saint !

La Libre perd la boule. Nous n’évoquerons pas ici les éditoriaux de plus en plus délirants de Francis Van de Woestyne. Nous nous contenterons de la série de six dossiers (sic) de La Libre destinés à encenser le « génial » Roi Baudouin décédé le 31 juillet 1993, voici 25 ans.

Pour les plus jeunes, il nous semble nécessaire de faire un court rappel historique de tous les errements qui ont marqué ce règne autoritaire et sulpicien, voire illégal si l’on se penche sur le dossier de la loi dépénalisant l’avortement.

C’est ainsi que l’ancien roi des Belges aurait participé au financement, en 1964, d’une campagne de manipulation de l’opinion publique chilienne visant à empêcher l’élection du démocrate Salvador Allende. Sous les auspices de la CIA… En avril 2000, le quotidien flamand De Morgen relatait le témoignage d’un ancien ambassadeur des États-Unis au Chili, Edward Korry, affirmant qu’en 1964 la CIA aurait conçu un plan visant à discréditer Salvador Allende, le futur président du Chili renversé en 1973 par le général Pinochet. Allende y était présenté comme un « dangereux communiste ». Cette campagne d’intoxication sera soutenue à hauteur de 2,7 millions de dollars par des institutions réactionnaires et des anticommunistes forcenés.
Parmi les bailleurs de fonds : le Vatican, les démocraties-chrétiennes allemandes et italiennes, la famille royale italienne (non régnante) et notre ami Baudouin !

D’autre part, la responsabilité implicite de Baudouin dans l’assassinat du premier ministre congolais Patrice Lumumba en 1961 est difficilement contestable : le très politiquement correct journal Le Soir y a même consacré un article fourmillant de détails.

Soulignons également le soutien sans modération de Baudouin au général Franco, au dictateur Mobutu ou à son homologue rwandais Habyarimana dont l’assassinat entraînera le génocide rwandais (1994). Ainsi que son amitié inaltérable pour l’empereur Hiro-Hito, partisan d’une guerre totale contre les Américains en 1945. C’est ainsi que Baudouin est le seul chef d’État européen a avoir officiellement invité à Laeken ce criminel de guerre que les Américains ont laissé sur le trône dans l’unique intention d’éviter de déstabiliser le Japon.

Parmi d’autres activités peu recommandables de Baudouin, relevons son refus de signer la loi dépénalisant l’avortement, ce qui le rendait parjure vis-à-vis de son serment de respecter les Lois et la Constitution du peuple belge. Il y eut également sa volonté d’interdire au prince Albert, le futur roi Albert II, de divorcer de Paola alors que le couple n’avait plus aucun lien affectif, le tout au nom de ses convictions religieuses ancrées dans le Renouveau charismatique, un mouvement chrétien depuis longtemps suspecté de dérives sectaires.

Enfin, Baudouin et l’ineffable Fabiola ont placé d’importants avoirs financiers à l’étranger pour échapper au fisc belge. Principalement à partir de 1988, lorsque la Société générale est passée sous la coupe du groupe français Suez. Selon les confidences de la reine Fabiola en personne, en 1961 son époux avait déjà placé 350.000 dollars aux États-Unis.

Non, mille fois non, Baudouin n’était pas un saint ! Et dire que le roi Philippe l’a cité en exemple lors de son discours du 21 juillet…