Juin 15 2015

Il était une fois l’État belge, Julie et Mélissa…

Le Centre d’appui bruxellois (CAB), une ASBL qui suit les auteurs de violences sexuelles, risque bien de mettre la clé sous le paillasson. Conséquence directe : 275 auteurs d’infractions à caractère sexuel, condamnés à Bruxelles, se retrouveront du jour au lendemain sans suivi.

En cause : l’économie linéaire de 20 % imposée par le gouvernement fédéral aux dépenses de tous les départements. Le Centre d’appui bruxellois a vu le jour dans la foulée de l’affaire Dutroux, suite aux carences apparues dans le suivi des délinquants sexuels en libération conditionnelle.

Le législateur (loi du 12 mars 2000) avait alors créé trois centres d’appui dans le cadre d’un accord de coopération entre l’État fédéral et les communautés : le CAB à Bruxelles, l’Unité de psychopathologie légale (UPPL), à Tournai, et le Centre psychiatrique médico-légal universitaire, à Anvers. Le récent rapport d’évaluation du Service de la politique criminelle du SPF justice souligne d’ailleurs la « très grande valeur » de la guidance et de l’accompagnement des délinquants sexuels.

Répartition arbitraire

Un montant de 902 000 euros était inscrit au budget 2014 pour ces trois centres d’appui; il tombe à 730 000 euros pour 2015. Une économie qui s’apparente à « un coup fatal » pour le Centre d’appui bruxellois, explique Yahyâ Hachem Samii, président du conseil d’administration. « Si cela se confirme, le CAB ne pourra plus travailler. On est déjà en sous-effectifs : si on perd 20 % de notre budget, on doit supprimer un des deux mi-temps de psychologue-clinicien. C’est impossible dans ce contexte de remplir nos missions ! »

Source : La Libre