L’Etat belge et Belgacom vous plument !

Le quatrième opérateur français vient de lancer une offre plus qu’avantageuse afin de piquer des clients à SFR, Orange et Bouygues.
Par rapport à la Belgique, le fossé avec les prix qui sont pratiqués en France devient gigantesque.
La nouvelle proposition de forfait de Free fait en sorte qu’elle est… 5 fois moins chère que le forfait de Belgacom-Proximus !
Même Le Soir est bien obligé de le concéder :

Il manque un « « casseur de marché » en Belgique

Comment expliquer qu’en Belgique, on n’ait pas des prix aussi intéressants ?
Pour David Wiame, cela s’explique principalement par l’absence d’un véritable casseur de prix comme Free sur le marché.
« Il y a chez nous un problème de manque de concurrence. Les parts de marché des trois opérateurs restent stables. Les opérateurs virtuels jouent leur rôle et proposent des tarifs agressifs mais leurs parts de marché restent globalement les mêmes : entre 5 et 10 %. Les consommateurs ne font pas assez jouer la concurrence et ne changent pas volontiers d’opérateurs. »

Il ne faut pas chercher bien loin la raison de ces prix surfaits : Belgacom est toujours propriétaire du réseau téléphonique souterrain. Les concurrents qui veulent y accéder doivent payer le prix fort, sans aucun rapport avec les frais d’entretien réels de l’infrastructure « publique ». C’est la raison pour laquelle les tarifs des concurrents de Belgacom sont quasi similaires.

L’IBPT ? Politisé !

Et le contrôleur de Belgacom et de son ouverture à la concurrence, nous direz-vous !
L’IBPT est chargé de sanctionner Belgacom en cas d’éventuel abus de position dominante.
Malheureusement, l’Institut public manque de personnel (!), de moyens et d’indépendance par rapport au pouvoir politique.
En effet, l’Etat belge est l’actionnaire majoritaire de Belgacom et il en retire chaque année 400 millions d’euros. On l’a compris, le gouvernement n’a aucun intérêt à mettre la pression sur Belgacom pour qu’elle s’ouvre davantage à la concurrence.
Une réduction des tarifs provoquerait une diminution substantielle des dividendes qu’il perçoit chaque année de son dernier joyau (encore belge).

L’article du Soir du 16 janvier

Le tableau comparatif

Et dire que l’électricité et le gaz sont moins chers chez nos voisins, tout comme le panier de la ménagère (12% d’écart avec la Belgique). Et que les petits et moyens revenus (la majorité !) y sont nettement moins imposés.
Nul doute que le gouvernement Di Rupo (dernier) va prochainement réduire ces distorsions pour sauver sa chère, très chère Belgique…

Didier Bellens, CEO de Belgacom, a d’autres chats à fouetter !