L’esprit de clocher flamand est le même qu’en Wallonie

Les Limbourgeois sont arrivés trop tard, en 1302.
Politique de village flamande et querelles tribales, partie II
Acta Sanctorum – 18/05/2022. Article de Johan Sanctorum publié sur le site de Doorbraak

Avant-hier, mon analyse de la démission de Beke a suscité quelques murmures de désapprobation en raison de la phrase suivante : « Le pilier catholique est peut-être mort et enterré, mais la Flandre reste fondamentalement un univers de clochers dirigé par des politiciens de village ». La suite du feuilleton confirme toutefois de manière grandiose cette affirmation. Après quelques chamailleries, Hilde Crevits a été transférée au ministère flamand de la Santé et du Bien-être, et pour la remplacer à l’Agriculture, l’Économie et au Travail Jo Brouns. Qui est Jo ?
Oui, regardez, il fallait que ce soit un Limbourgeois [ndlr : comme Wouter Beke, démissionnaire], et Jo Brouns est le bourgmestre de Kinrooi. Euh… Kinrooi ? Une commune de 12 000 habitants, comparable en termes de population de Leopoldsburg où Beke tient (à nouveau) le sceptre. Le Limbourg est encore, dans une certaine mesure, le bastion du CVP (CD&V) d’antan, et le parti tient absolument à le conserver, quelle que soit sa mauvaise performance dans les sondages.
Le père de Brouns était déjà le bourgmestre de la même municipalité, où environ la moitié de la population porte ce nom. Non, pas de blagues stupides sur la consanguinité et ainsi de suite. Mais je dirai ceci : déléguer ces politiciens de village au gouvernement flamand relève d’intérêts partisans et de vieilles sensibilités provinciales, mais pas de la compétence des candidats désignés. C’est également un élément qui entre toujours en ligne de compte dans la formation d’un gouvernement : les Flamands occidentaux, les Flamands orientaux, les Anversois, les Brabançons et les Limbourgeois doivent être divisés de manière catégorisée, sinon il y aura des problèmes [ndlr : la même chose vaut pour les politiques wallons !]. Est-ce possible au XXIe siècle ? Oui, c’est la réalité. Un gouvernement flamand sans Limbourgeois, c’est comme une voiture sur trois roues.

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Pourquoi cet équilibre inter-provincial est-il si important, au sein des partis et du gouvernement ? Pourquoi les bourgmestres se laissent-ils catapulter au rang de ministre ? L’histoire du Moyen Âge nous éclaire à ce sujte : la Flandre d’aujourd’hui n’a jamais été une unité politique, mais un enchevêtrement de rivalités entre localités.
Lors de la bataille des éperons d’or, les chevaliers du duché de Brabant (auquel Anvers appartenait) se sont battus aux côtés des Français. Les Limbourgeois, menés par Arnold V, ont flâné en chemin : ils ne sont arrivés que… lorsque la bataille était terminée et ont partagé la gloire de la victoire. Par inertie ou par calcul, les historiens ne sont pas d’accord. Bien sûr, c’était il y a longtemps, mais je me demande si la Flandre a fait des progrès depuis vers une sorte de nation qui nous rendrait mûrs pour une véritable autodétermination. J’en ai bien peur, la langue seule ne suffit pas.
Les Flandriens, les Gantois, les Anversois et les Limbourgeois ne se comprennent pas du tout lorsqu’ils parlent leur dialecte [ndlr : de plus en plus pratiqués par les jeunes]. Ils y sont attachés. Ces dialectes se sont développés au Moyen Âge et sont restés la base du chauvinisme régional [ndlr : c’est-à-dire local].

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