Le patronat flamand pour la scission du marché du travail

Article de Par Paul Cobbaert – publié sur le site dezondag.be le 15 mai 2022
« Si le gouvernement ne peut plus le faire, qu’il le dise tout simplement. »
Wouter De Geest, le topman du VOKA (patronat flamand), tire la sonnette d’alarme. Il craint que la Belgique ne menace à nouveau de devenir l’homme malade de l’Europe. Le capitaine d’industrie, habituellement discret, baisse sa garde pour une fois. Quelle devrait être la priorité politique ? « Plus de gens au travail, et alors nous n’aurons pas à palabrer sur de nouvelles taxes.
Avant de commencer l’interview, je lui dis que le grand patron du VOKA est aussi le patron de la N-VA Bart de Wever. Wouter De Geest doit en rire. « Bart De Wever a un jour lâché ça comme un trait d’esprit. Heureusement, d’autres hauts responsables du parti ont également affirmé le contraire. Soyons clairs : nous n’avons pas de préférence, nous voulons inspirer tous les partis. Oui, même les extrêmes. Si les élections arrivent, nous soumettrons nos mémorandums à tous les présidents. »
De Geest, originaire de Gand et vivant à Kapellen, est une voix puissante dans le débat social depuis plusieurs décennies. Autrefois capitaine d’industrie – l’homme a dirigé le géant de la chimie BASF pendant de nombreuses années -, il est aujourd’hui président du VOKA, le réseau des 18 000 entreprises flamandes. « Aujourd’hui, je veux réveiller les hommes politiques, mais aussi, et surtout, raconter une histoire positive », souligne-t-il.
Lundi, le VOKA présentera le Manifeste pour la croissance. « Nos entreprises écrivent une histoire forte. Regardez avec quelle résilience ils ont surmonté la crise sanitaire, malgré les modestes mesures de soutien du gouvernement (sic). Mais nous pouvons faire beaucoup mieux : notre ambition est de devenir une région européenne de premier plan d’ici à 2030. Nous voulons prendre l’initiative dans ce domaine. D’où le manifeste avec des engagements pour l’avenir.

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Pour la énième fois, vous voulez réveiller les politiciens. Cela ne vous déprime-t-il pas ?

« Non, le découragement n’est pas une caractéristique d’un entrepreneur. (rires) Est-ce agréable de frapper toujours sur le même clou ? Non. Mais il y a un beau dicton qui dit que chaque goutte d’eau fait une fissure dans la roche. Sinon, il n’y aurait pas de canyons. Il est de notre devoir de continuer à le dire. Nous ne faisons pas cela uniquement pour nos entreprises. Ce que nous demandons est bon pour tout le monde ».

Je me méfie lorsqu’une organisation de défense de ses droits (VOKA) affirme qu’elle fait du bien à tout le monde.

« Nous voulons avant tout rendre nos entreprises meilleures. Si nous réussissons, tout le monde en profitera. C’est notre conviction. Plus de personnes au travail constitue une bonne nouvelle pour les personnes elles-mêmes, pour l’économie et pour les caisses de l’État. »

Kristof Calvo (Groen) veut mettre à jour l’accord de coalition . C’est une bonne idée ?

« Ce n’est pas nécessaire. L’accord de coalition contient de bonnes idées. Il faut les mettre en œuvre, je dirais. J’y ai lu l’ambition de porter le taux d’emploi à 80% (aujourd’hui il est de 70%, ndlr) . Bien joué ! Cela devrait être la priorité absolue. Nos entrepreneurs ne parviennent pas à pourvoir les postes vacants, alors que tant de personnes sont au chômage. Regardez le sud de la Flandre occidentale : même les travailleurs français de Valenciennes y postulent [ndlr : imposés en France, ils y gagnent plus que les Wallons]. Mais qui ne voit-on pas ? Les nombreux chômeurs de la région de Tournai. C’est dommage, n’est-ce pas ? »

J’ai également le sentiment qu’une atmosphère préélectorale se dessine. Mais même s’il y a des élections, le gouvernement doit continuer à travailler ».

Que doit faire le gouvernement ?

« La différence entre travailler et ne pas travailler doit augmenter. Le gouvernement flamand a donné une impulsion importante avec la prime à l’emploi. Frank Vandenbroucke (Vooruit) fait également une première tentative, timide, pour faire travailler les 500 000 malades de longue durée. Mais ce n’est pas suffisant. Les allocations de chômage devraient être davantage axées sur l’activation. Osez penser à une limite de temps. Je plaide aussi pour des politiques asymétriques : La Flandre et la Wallonie doivent pouvoir mener une politique adaptée à leur marché du travail. C’est également mentionné dans l’accord de coalition, d’ailleurs. C’est donc possible. Eh bien, mettez-la en œuvre.

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La Belgique va-t-elle redevenir l’homme malade de l’Europe ?

« Je déteste dire ça, mais c’est effectivement le danger. Nous sommes en baisse dans presque tous les classements internationaux. Cela me fait beaucoup de mal. Nous avons fait tant d’efforts pour éliminer le handicap salarial par rapport à nos pays voisins. Allons-nous maintenant effacer tout cela ? Où en est la réforme du marché du travail ? Où est le plan de pension ? Où est la réforme fiscale ? »

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L’économiste Paul De Grauwe, quant à lui, plaide en faveur d’un impôt sur la fortune. Cela permettrait d’alléger la charge de travail. C’est une bonne idée ?

« Nous sommes en effet les champions du monde en matière de coûts salariaux. Ils doivent descendre. Mais, la richesse est déjà fortement taxée. Là aussi, nous sommes des leaders mondiaux. En outre, je crains qu’une nouvelle taxe ne paralyse l’esprit d’entreprise. S’il y a une marge quelque part, c’est sur la consommation, mais quand même. Pourquoi toujours évoquer de nouvelles taxes de toute façon ? »

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Croyez-vous vraiment que quelque chose va encore sortir de ce gouvernement fédéral ?

« Je l’espère. J’espère qu’elle continuera à mettre en œuvre les réformes convenues. Et si ce n’est plus possible, dites-le. Veillez à ce que les choses soient claires. Ce n’est pas le moment de faire des bêtises. J’ai également le sentiment qu’une atmosphère préélectorale se développe. Mais même s’il y a des élections, le gouvernement doit continuer à travailler. Il doit au moins fournir un plan sur lequel le prochain gouvernement pourra continuer à travailler. »

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