Groen va plonger, tensions à la N-VA

Pieter Bauwens et Bart Maddens : « L’effet Conner [Conner Rousseau, président de Vooruit] a un impact sur Groen ». Article publié le 24 mars 2022 par Rani De Leeneer sur le site de Doorbraak.

Meyrem Almaci cesse d’être présidente de Groen. Elle l’a annoncé elle-même lors d’une conférence de presse. On ne sait pas encore qui lui succédera, mais ce qui est certain, c’est que le changement de président aura un impact sur la suite de l’évolution des Verts au sein du gouvernement fédéral. Dans les sondages, le parti n’a pas de marge de manœuvre pour le moment, c’est donc le moment ou jamais pour les Verts de changer de cap.
Bart Maddens et Pieter Bauwens donnent leur analyse.

Fin de partie pour Almaci

Après huit ans, Meyrem Almaci quitte la présidence de Groen. Mme Almaci a déclaré se retirer pour des raisons familiales, mais il se dit que les groupes parlementaires sont mécontents de la façon dont elle a dirigé le parti. Cette nouvelle n’est donc pas une surprise totale ; Almaci n’était plus en selle depuis un certain temps. Les Verts ne suivent pas non plus la voie qu’ils auraient souhaitée dans la coalition Vivaldi.
« C’est le gouvernement fédéral avec les Verts qui doit désormais repousser la sortie du nucléaire et dans ce cas de figure Almaci a perdu la crédibilité de son parti », dit Bauwens. Il est maintenant nécessaire de passer à un nouveau président qui, espérons-le, touchera le public.

Le nœud gordien difficile de la sortie du nucléaire

« Le fait qu’il n’y aura pas de sortie complète du nucléaire est une pilule amère à avaler pour les Verts. La sortie du nucléaire constituait le trophée de l’accord de coalition, mais, en fin de compte, les Verts doivent maintenant accepter de maintenir les deux derniers réacteurs nucléaires en fonctionnement plus longtemps que prévu. Pourtant, le parti a pris ce virage avec élégance », estime M. Maddens. Une discussion qui divise a été évitée, de sorte que les dommages ont été quelque peu limités ».
Dès le début de cette législature, il est apparu clairement que la sortie du nucléaire serait un nœud difficile à trancher. À la fin de l’année dernière, le gouvernement a décidé de mettre le problème de côté et de reporter sa décision finale. Le conflit en Ukraine a redistribué les cartes, rendant évidente la décision de maintenir ouverts les derniers réacteurs nucléaires. « LaVivaldi en sort renforcée », dit Maddens.

Qui comme successeur ?

Le successeur d’Almaci a pour mission de donner un nouveau visage au parti. Il reste à voir quelle direction le prochain président prendra. « En interne, après tout, Groen se compose de différentes factions », explique M. Bauwens. Plusieurs noms ont déjà été proposés, dont Jeremie Vaneeckhout, Wouter De Vriendt et Petra De Sutter. La question est maintenant de savoir qui se présentera effectivement aux élections et si Groen sera en mesure de présenter un front uni, souligne M. Bauwens. Les Verts doivent évaluer le risque d’être encore plus divisés.
Dans la perspective de la prochaine réforme de l’État, il n’est pas indifférent de savoir qui succédera à Alamci. Almaci est plus belge, alors que quelqu’un comme Björn Rzoska, député au Parlement régional, a un profil plus flamand, estime Maddens. Bien sûr, il ne faut pas exagérer cet aspect, mais il est important de garder un œil dessus.

L’effet Conner

L’effet Conner, qui est déjà clairement visible dans les sondages, se fera au détriment de Groen, selon Maddens. Groen et Vooruit sont des vases communicants et le grand danger pour les Verts est que la situation de 2003 se répète. À cette époque, Groen est passé sous le seuil électoral en raison de l’énorme popularité de Steve Stevaert [ancien président des socialistes flamands] et, dans une moindre mesure, en raison de la politique du gouvernement violette. Si Conner Rousseau devient encore plus populaire, Groen en souffrira sans doute.

La participation de Rousseau au « Masked Singer » fait beaucoup de bruit, surtout en ligne. « De nombreux hommes politiques sont d’avis qu’ils ne peuvent pas participer à un programme de divertissement tant qu’ils n’y sont pas eux-mêmes invités », déclare M. Bauwens. Le Chanteur masqué [Masked singer] attire beaucoup plus de téléspectateurs qu’un programme comme Terzake. La Flandre a maintenant l’image de Rousseau comme celle du gentil garçon qui fait de la politique. Cela a certainement un effet sur sa popularité. Selon M. Bauwens, le débat ne devrait pas porter sur la question de savoir si un homme politique comme Rousseau est autorisé à participer ou non. Le débat devrait porter sur le fait que tous les hommes politiques n’ont pas la chance d’apparaître dans une émission populaire comme le Masked singer. « Il est impensable que quelqu’un comme Tom Van Grieken sorte d’un tel costume [ndr : Conner Rousseau était déguisé en lapin]. »

Lorsqu’on lui a demandé si Zuhal Demir, en tant qu’étoile montante de la N-VA, pourrait être le prochain Premier ministre flamand, Bart De Wever a répondu qu’il n’est pas inconcevable pour lui que Demir finisse tout en haut de l’échelle. De Wever voit également en Demir la successeur idéale à la présidence du parti. La réponse de De Wever est une honte pour Jam Jambon, dit Maddens. Si la N-VA présente un autre Premier ministre flamand après les élections, la question se posera de savoir ce qu’il adviendra de Jambon. En outre, la N-VA sera confrontée à un choix déchirant après les élections. Le parti va-t-il gouverner avec le Vlaams Belang ou non ?

La déclaration de De Wever n’est pas seulement douloureuse pour Jan Jambon, mais aussi pour Ben Weyts, pense Bauwens. Au début de cette législature, Jambon était considéré comme le prince héritier, le prochain « Premier ministre ».
Demir passant devant Weyts pourrait maintenant devenir une affaire douloureuse pour Weyts. En outre, la N-VA compte toujours réintégrer le gouvernement fédéral après les prochaines élections. Tant que la N-VA verra une opportunité de rejoindre le gouvernement fédéral, elle ne gouvernera pas avec le Vlaams Belang au niveau flamand.

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