Tom Van Grieken (Belang) : De Wever est parfois versatile

Interview de Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang, publiée dans De Zondag de ce week-end.

[…] Vous trouvez cela normal, mais si Groen [ndlr : équivalent d’Ecolo en Flandre] vous traite de raciste, vous allez au tribunal.

« Le racisme est une infraction punissable. Si vous accusez quelqu’un à plusieurs reprises d’une infraction pénale, vous devez le prouver. Sinon, c’est de la diffamation. »

La diffamation ne fait donc pas partie de la liberté d’expression pour vous ?

« Non. Si je claironne partout que vous êtes un violeur d’enfants, alors je dois fournir des preuves. Sinon, c’est de la diffamation. D’ailleurs, le tribunal a rejeté l’affaire. » [ndlr : information non répercutée dans la presse francophone]

Tournons-nous vers la nouvelle année. Quel est le plus grand défi pour votre parti ?

« Les médias s’intéressent enfin un peu plus à nous. (rires) Non, garder les pieds sur terre et travailler très dur, voilà le défi. Nous ne devons pas nous transformer en une sorte de « Kristof Calvo’ke » [ndlr : dirigeant Groen]. Un an avant les élections, il s’imaginait déjà en ministre avec un chauffeur. C’est ma plus grande peur. Nous ne devons pas nous imaginer que nous avons gagné.

Je pensais que tu dirais : trouver enfin un partenaire.

« Nous avons des partenaires : près d’un million de Flamands voteraient pour nous. Je n’ai donc pas besoin de tapes dans le dos [des députés] à la rue de la Loi. Notre ambition est claire : nous voulons devenir le plus grand parti. Si cela réussit, les cartes seront en notre faveur. Il faut alors espérer que Bart De Wever (N-VA) change enfin son fusil d’épaule ».

Qu’en pensez-vous ?

« Pour l’instant, je vois peu de signes encourageants. Theo Francken qui n’est pas autorisé à devenir vice-président, Jan Jambon qui doit maintenant aussi avaler les critiques venant de ses propres rangs : chaque membre de droite de la N-VA est réduit au silence, semble-t-il. »

Et que votre idéologie appartient au dépotoir de l’histoire, notait De Wever dans De Standaard cet automne.

« Je pèse mes mots : Bart De Wever est suprême depuis dix ans, mais il n’en fait rien. Il échoue politiquement et stratégiquement. La Flandre est plus mal en point aujourd’hui qu’elle ne l’était alors. Regardez l’éducation, regardez les listes d’attente, et bien d’autres choses encore. Ce n’est pas nouveau qu’il insulte mon parti. Mais ce ne serait pas la première fois qu’il reviendrait sur ses paroles. Il a même aidé les socialistes à revenir au pouvoir. Ce que je lui reproche, d’ailleurs. »