A chaque tweet des ministres PS en 2021, l’indépendance économique de la Flandre a fait un pas en avant

Une carte blanche du député Open VLD et ancien président de Jong VLD Maurits Vande Reyde publiée sur le site du Knack le 30 décembre 2021

« Le problème des socialistes n’est pas l’ignorance, mais le fait qu’ils pensent en savoir tellement qu’ils n’en savent rien », a déclaré Ronald Reagan. À en juger par la liste presque interminable de propositions sorties du chapeau des ministres du PS cette année, je suis d’accord avec lui. Alors que la Flandre veut que plus de gens travaillent, le PS se replie sur un mélange bizarre d’anachronismes de gauche et de blocage obscène de la politique économique flamande.

Peu d’observateurs semblent se rendre compte du problème : les ministres PS occupent des postes cruciaux pour la prospérité de la Flandre. Ils les remplissent comme Khrouchtchev, Brejnev et Andropov : les tsars intérimaires d’un empire soviétique en ruine, qui ont tout fait pour favoriser le blocage du progrès et l’appauvrissement collectif de leur propre population. Tout comme les dirigeants de l’URSS se sont retournés contre l’Occident, les ministres du PS l’ont fait l’année dernière contre le renouveau économique flamand. « Si nous tombons, vous tombez avec nous ».

A chaque tweet des ministres PS en 2021, l’indépendance économique flamande a fait un pas en avant

Petit florilège : si cela ne tenait qu’à Karine Lalieux, ministre des préretraites, nous ferions nos adieux au marché du travail après seulement 42 ans – après « au moins » 10 ans de travail effectif. Ce faisant, elle compromet le relèvement de l’âge de la retraite. Les partis flamands viennent de mettre en jeu une grande partie de leur capital politique [ndlr : en proposant d’augmenter l’âge de départ à la retraite]. Une mesure impopulaire, mais nécessaire pour faire face au vieillissement de la population. Si l’on inverse les choses, comme le souhaite le PS, on se retrouve avec la « gueule de bois » en matières de retraites et, en parallèle, la réduction à néant du Fonds de vieillissement..

Pierre-Yves Dermagne, ministre de l’Emploi – ou du Chômage ?
Si cela ne tenait qu’à lui, toute personne quittant son emploi de sa propre volonté recevrait immédiatement une allocation de chômage. Un échec dans la mesure où le projet du gouvernement flamand consiste à faire tout le contraire : mettre le plus de gens possible au travail. Cette année, plus de 350 000 postes vacants ont été créés. 180 000 personnes sont des chômeurs de longue durée. Le PS continue de s’accrocher au modèle désuet du « hamac des bienfaits éternels » auquel il devait autrefois sa gloire historique. Les temps ont changé. Même en Wallonie, on n’y croit plus.

Coincés par les communistes du PTB, les ministres du PS provoquent donc de temps à autre une mini-crise de Cuba afin d’agacer la ministre flamande de l’Emploi Hilde Crevits. La Flandrienne reste admirablement diplomatique à ce sujet. Lorsqu’elle a introduit le service communautaire, selon lequel les chômeurs de longue durée devront fournir une contrepartie pour une allocation après deux ans, elle a reçu les « félicitations » du ministre fédéral PS de l’Emploi.

« Le PS a toujours été et sera toujours opposé à toute forme d’emploi obligatoire pour les demandeurs d’emploi. » (tweet de Pierre-Yves Dermagne).
Remarquez surtout le poing levé. La politique économique du PS glisse vers un activisme et un obstructionnisme bizarres.

Wonderboy

Le déni du problème de l’explosion de la dette nationale est encore pire. Selon Thomas Dermine, qui a été qualifié de « wonderboy » de l’économie lors de son entrée en fonction, l’accumulation des déficits budgétaires et une dette nationale gigantesque ne sont toujours pas un problème à ses yeux. Au contraire, selon lui, nous devons augmenter les dépenses publiques en Europe de 5 000 milliards d’euros – soit un cinq avec douze zéros. Comme si s’endetter était gratuit et que ça allait de soi… La réalité est que tous ceux qui travaillent, épargnent et entreprennent voient leur argent s’évaporer à la vitesse de l’éclair.

Le fait est que les dettes publiques croissantes ne sont soutenables que par la grâce de la Banque centrale européenne. Elle maintient les taux d’intérêt à un niveau artificiellement bas et achète des quantités massives de bons d’État afin de maintenir les dettes publiques astronomiques de ses États membres. Résultat : une inflation historiquement élevée en raison de laquelle l’épargne et les liquidités fondent plus vite que la crédibilité de l’Union soviétique à la fin des années 80. Une façon détournée de mettre en pratique l’idéal socialiste croissant au sein d’un gouvernement. Vous ne devriez pas retirer de l’argent aux gens en augmentant les impôts. Il suffit de laisser les vannes du gouvernement ouvertes et l’épargne des Flamands perdra automatiquement de sa valeur.

La question est de savoir combien de temps cela peut durer. Les quelques observateurs qui suivent les commissions d’une heure du Parlement flamand ressentent sans doute déjà l’irritation croissante de nombreux ministres flamands face à l’obstruction du PS. Pour l’instant, cela reste dans le silence. Toutefois, dans un cocktail toxique d’inflation croissante, de prix élevés de l’énergie et d’explosion des dettes publiques, cela conduira inévitablement à un point de rupture. La Flandre veut s’orienter vers plus de personnes au travail et moins de dépenses publiques. Traqué par le PTB, le PS s’accroche d’autant plus au modèle du hamac et à une prise en charge sans précédent du gouvernement fédéral dans l’histoire de la Belgique. Une lutte acharnée qui se terminera un jour.

Si cela continue, tôt ou tard, la Flandre prendra le contrôle des leviers économiques tels que le marché du travail, l’activation au travail, les instruments économiques, la recherche et le développement. Chaque tweet des ministres PS en 2021 a rapproché cette Flandre de l’indépendance économique. Il n’est pas nécessaire d’être un nationaliste flamand pour voir cette évolution. Seul un revirement miraculeux des esprits socialistes vers la troisième voie – un pilier social fort associé à une politique de base active et d’assainissement du gouvernement De Croo – peut encore changer cela. Pour l’instant, il ne semble pas y avoir de Gorbatchev en vue pour ce retournement de situation.

Note de la rédaction : Zuhal Demir (N-VA) souhaite la régionalisation de la politique énergétique.