Déc 01 2011

Dexia, la faute à la France ? Trop facile !

L’argument nous est souvent renvoyé par les médias francophones : les Français auraient roulé les bons Belges dans la farine lors de la gestion de la déroute du Holding Dexia. C’est oublier un peu vite que dans le monde des requins de la finance internationale, le drapeau national ne vaut guère plus qu’une chiffonnette.

Dans la réalité, les négociations se font au nom des actionnaires et des spéculateurs, qui sont apatrides par définition. Des experts du dossier Dexia, comme le Belge Axel Miller, ont d’ailleurs critiqué le manque d’unité qui régnait entre les négociateurs belges (divisés entre Flamands et Wallons) face aux Français qui parlaient d’une même voix, mais aussi le manque de compréhension des enjeux et des implications de la part des membres du CA belge qui ont, bien évidemment, une étiquette politique, voire communautaire.

Dès lors, qui est coupable de la mauvaise gestion du dossier Dexia ? Les membres belges (?) politisés du CA. En effet, il faut savoir que nombre d’entre eux sont des flamingants notoires : Jean-Luc Dehaene (CD&V), Francis Vermeiren, le bourgmestre VLD du rabique Zaventem où sévit Eric Van Rompuy, Johan Sauwens, le numéro 1 CD&V de Bilzen et l’ami des anciens du Front de l’Est, Jef Gabriëls (CD&V), le grand chef de Genk, Jaak Gabriëls (VLD), son alter ego de Bree et ancien dirigeant de la Volksunie, ou encore Rik Daems, conseiller municipal libéral de Herent qui n’a jamais cessé de privilégier les intérêts de la Flandre quand il était ministre fédéral, etc.

On le comprend : les négociateurs français n’avaient pas à faire preuve de mansuétude ou de complaisance face à des membres « belges » du CA qui parlaient avant tout au nom de la Flandre. Il est donc inutile de faire porter le chapeau à la France : tant pis pour l’Etat belge déliquescent si les Flamands choisis pour plastronner au CA ne comprennent goutte aux subtilités du monde bancaire et de la finance ou font semblant de ne pas comprendre les conséquences qui résultent de leurs prises de position ou de leur attentisme.

On a fait moins de bruit dans les médias quand les Néerlandais ont unilatéralement retiré leurs billes de Fortis en 2008, où que Swissair a pillé la Sabena avec la bénédiction du Ministre des Communications de l’époque… Elio Di Rupo dans des conditions autrement douteuses. Evidemment, si nos médias pensent pouvoir conspuer la France au quotidien tout en espérant de la philanthropie de sa part, ils se trompent lourdement ou, pire, ils trompent l’opinion.

Et pour ceux qui se plaisent à décrire la France comme un vulgaire prédateur, on notera dans l’actualité récente que Paris sera illuminée pendant les fêtes de fin d’année par une entreprise belge et que le prestigieux Prix Apollinaire vient d’être décerné à Jean-Claude Pirotte, un Belge qui s’est réfugié en France…

L’Etat belge s’est trompé tout seul