Nov 23 2011

L’Etat belge s’évapore

Entretien publié par La Meuse : Paul-Henry Gendebien, coprésident du RWF (Rassemblement Wallonie-France), à propos de la situation du pays.
Paul-Henry Gendebien le dit clairement: l’État belge est en train de s’évaporer. On se rapproche de la séparation Flandre – Wallonie.

Comment percevez-vous la situation actuelle, avec ce nouveau blocage?

Cela fait pratiquement douze ans que je dis que la Belgique n’est plus gouvernable et que le fédéralisme belge est un échec. Durant les premières années, on avait droit à des ricanements. Mais maintenant, beaucoup disent qu’on a peut-être eu raison trop tôt. Les gens sont de plus en plus résignés. Aujourd’hui, on a une superposition de crises.

Et si Elio Di Rupo parvient tout de même à devenir premier ministre?

Ce ne serait que pour quelques mois. La Flandre ne tolérerait pas très longtemps un premier ministre francophone.

Dans ce contexte, comment voyez-vous la suite?

Les gens doivent cesser de voter pour les mêmes partis, dont ils voient les limites. Ils ne sont pas contents, mais ils continuent à voter pour eux. Or, il faut oser faire le pas en avant et se préparer à autre chose, en dehors de l’État belge. Celui-ci est en train de s’évaporer. Et cela nous encourage; la situation actuelle nous donne raison et ce sera de plus en plus le cas.

Vous ne voyez donc plus d’avenir à la Belgique?

Un moment, il ne sera plus possible de constituer un gouvernement belge. Il y aura peut-être encore un sursis, comme une cigarette du condamné, finalement. Mais il faudra bien négocier le divorce à l’amiable ensuite. Et ce, de manière civilisée et réaliste. Il ne faut pas que cela soit conflictuel.

Quand cela pourrait-il se produire?

Personne ne peut donner une date précise pour la fin de l’État, mais c’est un processus lent et inévitable qui est en cours. Même si une solution intervient dans les jours à venir, elle ne sera que provisoire.

Le rapprochement avec la France est-il réaliste?

Les Français sont d’accord, en attestent les trois sondages. De toute façon, la Wallonie seule serait un désastre économique et financier. Il faut s’accrocher à quelque chose de plus solide.

Paul-Henry Gendebien ne veut pas d’un divorce conflictuel.