Juin 04 2012

Les socialistes flamands ? Guère mieux que le PS à la sauce Di Rupo !

Rik Van Cauwelaert (directeur stratégique et éditorialiste du Knack, l’équivalent du Vif mais en mieux) est sans doute le plus subtil éditorialiste de Flandre. Il n’a pas pour habitude de pratiquer la langue de bois. C’est ainsi qu’il n’hésite pas à comparer Johan Van de Lanotte, l’Empereur d’Ostende, à Paul Vanden Boeynants qui a régné sur Bruxelles pendant des décennies de la plus malsaine manière qui soit. Les plus anciens se rappellent les relations tentaculaires de Popol avec le monde des spéculateurs immobiliers, et autres, de la capitale.
Un livre publié par deux journalistes de la VRT et qui s’intitule « De Keizer van Oostende » dénonce les pratiques de l’actuel Vice-Premier ministre Vande Lanotte dans les eaux devenues glauques de la Reine des Plages.

Voici l’éditorial de Rik Van Cauwelaert traduit par les services de l’Ambassade de France à Bruxelles :

Paul Vanden Boeynants n’a jamais été condamné quand il était Ministre de la Défense pour conflit d’intérêts et politique des petits copains, comme Knack l’avait dénoncé. VDB a toujours été couvert par ses alliés de la coalition, « qui avaient entière confiance dans le Ministre ». Pourtant, en 1981, Knack avait dénoncé l’argent noir d’une société fictive au Luxembourg dans le domaine de la viande, un secteur de prédilection de VDB. Il a fallu attendre 1986 avant que la justice trouve le temps de renvoyer Vanden Boeynants devant le Tribunal correctionnel de Bruxelles, où il a été qualifié de « fraudeur invétéré ». Jusqu’alors, il était plutôt décrit comme un fin politique et parfois même un stratège génial. Et voici qu’une affaire ordinaire de fraude fiscale l’a fait chuter. Vande Boeynants est sorti de la politique. Johan Vande Lanotte (VDL) joue aujourd’hui encore plus finement que VDB. Il n’a pas envoyé de droit de réponse aux journalistes de la VRT auteurs du livre « L’Empereur d’Ostende », qui met en lumière ses petites affaires. Avant même la parution du livre, Vande Lanotte a invité une dizaine de journalistes à son cabinet, pour qu’ils fassent le travail à sa place : dresser la liste des « fautes » repérées par le Ministre dans le livre.

A la Chambre, Elio Di Rupo a confirmé sa confiance dans le vice-Premier Ministre Vande Lanotte. Car la caste politique se protège. Pourtant, les auteurs de l’Empereur d’Ostende mettent le doigt sur une plaie : la relation entre la politique et le monde des affaires. Dans le cas de Vande Lanotte, sur ses liens avec le producteur d’énergie éolienne Electrawinds. Wim Van den Eynde, un des auteurs avait déjà dénoncé, dans l’émission Panorama, la « Pax Electrabel », soit la collaboration étroite entre le gouvernement violet et Electrabel. Guy Verhofstadt avait alors donné l’assurance à Electrabel, filiale de la française Suez où Etienne Davignon siégeait au conseil d’administration, qu’elle ne serait pas imposée jusqu’en 2010. Le reste de la coalition, y compris le socialiste Vande Lanotte n’avait pas protesté. Et on constate aujourd’hui que Guy Verhofstadt a pris, cette année, la place du même Etienne Davignon, dans le holding financier Sofina ! Ce n’est pas illégal, bien sûr. Mais ce n’est pas tout à fait politiquement correct.

Johan Vande Lanotte se défend en expliquant qu’il a voulu agir en faveur de l’industrie, mais quand le Ministre vend un an après une société qu’il a créée en 2008, on peut se poser des questions. Il a aussi été président d’Otary, un consortium dont fait notamment partie Electrabel, qui construit des parcs d’éoliennes. Une fois redevenu Ministre, il a, dit-il, démissionné sur un plan formel, mais son lien avec Otary est toujours intense et le consortium est présidé par le camarade Olivier Vanderijst, une créature du PS, avec une liste incroyable de mandats. C’est un pur hasard si ce Vanderijst, jadis porte-parole de Guy Mathot, a été désigné comme commissaire du Gouvernement à la SNCB, qui, comme chacun sait, a aussi d’importants projets à Ostende. Avec un tel agent, Elio Di Rupo peut avoir confiance dans son vice-Premier Ministre Vande Lanotte aux multiples mandats.

Et le R.W.F. d’ajouter à la brillante analyse du système belge par Rik Van Cauwelaert :

Il existe une vraie gauche en Flandre, qui n’est pas une gauche affairiste, mais idéaliste et moderne dans le noble sens du terme. Même si le SP-A et Groen n’y représentent plus que 20%.
C’est ainsi que le 10ème Manifeste du Gravensteengroep qui regroupe une pléiade d’intellectuels de gauche flamands, comme par exemple… Bart Maddens, vient de sortir son nouveau plaidoyer contre l’Etat belge et pour une Flandre largement autonome.
En gros, tout est négatif pour la Flandre dans la sixième Réforme de l’Etat. Il faut aller plus loin et plus fort…
La Révolution flamande est en marche et plus rien ne l’arrêtera !