La Wallonie vue par un nationaliste flamand

Ce pays n’est pas sur les gencives, mais toutes ses dents sont pourries jusqu’à l’os

Article du député indépendant Jean-Marie Dedecker publié dans le Knack du 11 juillet
Président de la LDD et pousseur de la la liste N-VA de la Chambre en 2019

« La situation est désespérée mais elle n’est pas grave », écrit Jean-Marie Dedecker à propos de la facture croissante de la crise du corona et de la stagnation de la formation du gouvernement fédéral.

Le déficit de notre budget augmente progressivement jusqu’à 10 % de notre PIB, et même avant la crise du corona, le déficit budgétaire était onze fois plus important que ce que le gouvernement avait promis lorsqu’il est entré en fonction en 2014. La charge annuelle des retraites atteint déjà 50 milliards d’euros par an, mais nos gouvernements continuent de jouer au Père Noël à outrance et aucun plan de relance n’est encore à l’étude pour arrêter la contraction de 8,8 % de notre économie.

Après tout, les partis traditionnels 11.11.11 % (Open VLD, CD&V et SP.A) sont encore trop occupés pour former un gouvernement fédéral dans d’ultimes convulsions et en désespoir de cause. Entre-temps, des coalitions occasionnelles au sein du Parlement ont également pris d’assaut le Trésor public afin de complaire à leurs partisans. Quelque deux milliards de nouvelles dépenses ont déjà été votées par la loi, comme un compte à terme de 400 millions d’euros pour les mineurs à la retraite depuis 30 ans [ndr : pour la plupart, d’anciens mineurs limbourgeois], une réduction de la TVA sur les produits à base de savon à hauteur de 124 000 millions d’euros dont seules les multinationales comme Unilever bénéficient, et en plus des 400 millions de Maggie De Block pour le secteur des soins, 460 000 millions (sic) pour couvrir les frais liés au corona.

Cependant, seulement quatre pays de l’Union européenne consacrent un pourcentage plus important de leur PIB que notre pays aux soins de santé, et les dépenses sociales publiques (hors allocations de chômage) sont déjà passées de 19 % de notre PIB à 24 % entre 2000 et 2015. […]

Le débat est désormais mené de manière émotionnelle et non plus rationnelle. Personne ne peut contester cette perception. Les allocations de chômage temporaires et le congé parental laissent également un trou dans le bas de l’ONEM, alors que selon Eurostat, les allocations de chômage en Belgique s’élèvent déjà à 3,4 % du PIB et la moyenne de l’UE est à peine de 1,4 %. [,,,]

Le fait que la Wallonie soit plus large que la Flandre en matière de distribution de cadeaux et qu’elle trouve moins urgente la formation d’un gouvernement de relance vigoureux est inscrit dans l’ADN de notre petit royaume. Les choses ne sont jamais honteuses. Si la Flandre verse une prime de 4 000 euros pour couvrir les dégâts liés au corona, la Wallonie ajoutera 5 000 euros pour chaque entreprise fermée. Alors que le secteur des événements est au bord de l’effondrement, le gouvernement wallon continue de verser la rémunération à chaque artiste qui devait se produire – et dont l’événement a été annulé – dans une maison culturelle ou une maison de huit heures subventionnée [ndr : cette mesure est loin d’être généralisée]. Cerise sur le gâteau, l’orchestre reçoit un contrat de compensation pour l’année prochaine. Ne jamais gaspiller une bonne crise.

La dépendance à l’aide et la prodigalité sont des drogues dont les habitants du Sud du pays ne veulent pas se débarrasser, car la facture est payée par le Nord avec des transferts annuels de milliards d’euros allant de 7 à 11 milliards (selon les sources). Même le gouverneur de la Banque nationale, Pierre Wunsch, doit admettre que c’est une honte et un déshonneur. La Flandre est le bancontact de la Wallonie. Malgré le luxe d’un distributeur automatique de billets gratuits, la pauvreté en Wallonie est encore deux fois plus élevée qu’en Flandre, et même trois fois plus élevée à Bruxelles. Selon Statbel, l’Office statistique européen, la Flandre obtient même le meilleur score de toute l’Europe en matière de politique de lutte contre la pauvreté. Le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté est inférieur à 10 % en Flandre . En Wallonie, il est de 22 % et en Région bruxelloise de 33 %, soit presque le double de la moyenne européenne qui est de 17 % et 1% de plus que la moyenne belge. Malgré cinq plans Marshall, un déluge de subventions européennes et la manne flamande, les paradis socialistes dans lesquels Magnette et Di Rupo ont régné, de Charleroi à Mons, ont été subventionnés pendant trois quarts de siècle.

Malgré le fait que les transferts du Nord vers le Sud sont trois fois plus élevés que ceux de l’Allemagne de l’Ouest vers l’Allemagne de l’Est, et que les subventions sont 12 fois plus élevées par habitant qu’en Hongrie, la Wallonie a toujours une dette publique énorme. Les dépenses publiques de la Wallonie s’élèvent à 70 % de son PIB, ce qui la fait ressembler à un Etat communiste et la rapproche du Venezuela et de la Corée du Nord, les États providence chers au PVDA/PTB.

La montagne de dettes de la Wallonie s’élevait déjà à 21,7 milliards d’euros avant la crise du corona, soit 140 % de ses revenus. Aujourd’hui, elle est complètement hors de contrôle.

Selon l’Institut des comptes nationaux, peu avant l’arrivée de Covid-19, 62% de la croissance de l’emploi était due à la Flandre, 21% à la Wallonie et à peine 7% à Bruxelles. En outre, la Wallonie est assistée artificiellement par le système de l’emploi public, soit essentiellement par l’argent des contribuables. La part de l’emploi dans le secteur non marchand est de 43,2% (33,7% en Flandre) et encore heureux que l’emploi dans les entreprises (semi)publiques telles que la SNCB, Infrabel, Bpost et Proximus soit encore largement comptabilisé comme emploi dans le secteur privé. En effet, près d’un salarié sur deux en Wallonie travaille dans le secteur public, bastion du clientélisme PS.

Pas une semaine parlementaire ne passe sans que les Flamands ne soient stigmatisés dans l’hémicycle (parlement) par les interlocuteurs de gauche comme étant génétiquement racistes, alors que la Région wallonne, avec 32,1 %, a le taux d’emploi le plus bas de toute l’Europe en ce qui concerne les citoyens non européens. À Bruxelles, les nouveaux arrivants sont plus nombreux que les ketjes, mais seuls 41,9 % des citoyens non européens ont un emploi. L’économie souterraine y prospère plus que l’économie officielle. La moyenne belge de 45,4% dans cette statistique est encore quelque peu redressée par la contribution flamande de 50,5%, bien que celle-ci soit également inférieure de 12% à la moyenne européenne. Je n’ose pas m’étendre sur les raisons pour lesquelles le taux d’emploi féminin des ressortissants de pays tiers est à peine de 31,1%, de peur d’être accusé de racisme et de discrimination en ces temps de sensibilité sur le sujet. Les habitants de Bruxelles ne doivent pas s’inquiéter, le robinet flamand continuera de couler et la mauvaise gestion continuera de faire rage. Selon la BECI, la Chambre de Commerce de Bruxelles, 41% des entrepreneurs risquent même de quitter Bruxelles en raison du manque de mobilité, de la zone à faibles émissions, de la fiscalité excessive, du manque de propreté et de sécurité…

Il ne fait aucun doute que la Flandre va une fois de plus payer le prix de la crise. Nous crachons déjà la part du lion en matière d’impôts, et avec le nouveau tsunami de prélèvements visant à combler le déficit budgétaire, le slogan selon lequel « les épaules les plus fortes doivent supporter le plus de charges » va de nouveau sembler assourdissant. La gauche préfère avoir moins de riches que moins de pauvres. La Flandre, en tant que généreuse donatrice, fait avancer l’État providence wallon collectiviste avec l’argument émotionnel mais malhonnête de la solidarité nationale. Il n’est même plus possible de former des gouvernements démocratiquement élus ici, il n’y a plus que des caucus artificiels formés par nostalgie de la conservation du pouvoir. Les positions économiques, sociales et idéologiques au nord et au sud de la frontière linguistique sont si différentes qu’elles nous empêchent de répondre aux gigantesques défis auxquels notre pays est confronté. Le cordon [ndr : sanitaire ?] est le noeud coulant auquel se sont accrochés les partis traditionnels qui ont éclaté.

Lors des mariages, notre Conseil national de sécurité ne nous permet pas de danser, mais nous valsons progressivement au son de la marche funèbre jusqu’à nos funérailles économiques.

Alors divorçons, frères wallons. Ce pays n’est pas sur les gencives, mais toutes ses dents sont pourries jusqu’à l’os. Organisons des élections le 8 novembre et signons l’armistice le 11 novembre. Nous nous partagerons les biens du ménage comme la République tchèque et la Slovaquie, et nous nous séparerons en paix.

La solidarité unilatérale, non réciproque, était appelée profitariat par mon grand-père, et celui qui mordait constamment la main de celui qui le nourrissait était pour lui un parasite. Un homme sage, mon grand-père

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