Qui est vraiment Georges-Louis Bouchez ? Il devient déjà une caricature de lui-même !

Georges-Louis Bouchez (GLB), le président tape-à-l’œil des libéraux francophones, récolte à la fois l’admiration et le dégoût. Il viole toutes les règles de la déontologie politique.
Il a un talent indéniable, mais il n’en fait pas bon usage.

Tel est le préambule d’un article au vitriol de la journaliste Han Renard du Knack (équivalent du Vif) publié ce jour sur le site de cet hebdomadaire, mais aussi dans la version papier.

En voici de larges extraits :

[…]

L’ascension de Bouchez (34 ans) n’est pas due au hasard. Il a dû se battre pour se faire une place au soleil, à commencer contre les autorités locales du MR (Mons-Borinage). Confiant et extrêmement ambitieux, Bouchez a souvent rencontré le mépris et l’hostilité dans ses propres rangs. « Aux élections législatives de mai 2019, il n’est pas élu dans sa circonscription du Hainaut, malgré un beau score personnel. En effet, lors de la formation de la liste, Denis Ducarme a été impliqué, ce qui lui a été préjudiciable » Comme prix de consolation, il fut coopté sénateur par Charles Michel.

Car au sein du MR, le jeune avocat Bouchez a réussi à choisir ses amis. Il se trouve d’abord dans le sillage de Didier Reynders, qu’il admire beaucoup, puis il cherche avec succès à se rapprocher du clan Michel. « Il s’y est merveilleusement bien intégré », déclare une figure de proue du MR. Mais Bouchez n’est pas considéré comme un vrai Reynders’boy. Il n’appartient pas à un clan. Bouchez est Bouchez, c’est-à-dire tout à fait unique ».

« Georges-Louis Bouchez est un personnage particulier. Il est très intelligent et c’est un grand débatteur (ndr : sauf quand il interrompt sans cesse son contradicteur). Il se fait bien connaître dans les médias, mais il a une double personnalité. Il cherche sans cesse la confrontation, un ennemi politique avec lequel il peut se mesurer, comme s’il avait besoin de se battre pour exister politiquement. Et il est accro à l’attention des médias », déclare Marc Sirlereau, journaliste de la RTBF.

[…]

L’allure de GLB, ses costumes moulants, son bras tatoué, sa montre bling-bling, son penchant pour les voitures rapides et les belles femmes, ses deux ou, entre-temps, trois téléphones portables, son show froginess [intraduisible], son tempérament méridional, son activité incontournable sur Twitter : tout cela est souvent décrit. On prête moins d’attention à ses opinions politiques. Peut-être parce que Bouchez lance en l’air de nouvelles idées, dont il n’est pas toujours évident de savoir si elles sont cohérentes ou si elles reposent sur une base idéologique. Sur le plan socio-économique, il semble être un libéral traditionnel : partisan de l’orthodoxie budgétaire, des impôts bas et de la libre entreprise, il dit détester le misérabilisme et le manque d’autonomie dans certaines régions de Wallonie. Mais Bouchez a une vision sociale très large, selon ses alliés. Contrairement à nombre de ses collègues du parti, il est partisan convaincu d’un revenu de base universel.

Six mois après son élection, les avis sont partagés. Bouchez a parcouru une grande partie du chemin, pense l’un de ses proches. Et selon un autre, il s’est révélé un fin stratège politique. Sa mission d’information auprès du président du CD&V, Joachim Coens, était en tout cas très douce. Bouchez voulait mettre en place une coalition Vivaldi – il a inventé le terme lui-même – avec les libéraux, les socialistes, les verts et les démocrates chrétiens, mais il a échoué à cause du CD&V. A d’autres moments, sur le chemin de croix qui mène à un nouveau gouvernement fédéral, il aurait mis un bâton dans les roues lors de chaque rapprochement entre le PS et la N-VA.

« Il a un talent indéniable, mais il n’en fait pas bon usage. Il fuit comme une passoire pendant les négociations et n’a aucune décence politique », déclare le président d’un parti. Il dit quelque chose de différent chaque jour et à chaque interlocuteur, et dans les médias, il dit autre chose. On reproche souvent à Bouchez un manque de sérieux. C’est un joueur », dit un négociateur fédéral. « Et cela va se retourner un jour contre lui.

[…]

« Bouchez bafoue toutes les règles de la déontologie politique », relève une figure de proue du PS. Sa méthode est celle de la provocation permanente, il espère se faire passer pour l’égal de Paul Magnette. Mais si vous regardez leur parcours, Bouchez a encore du pain sur la planche ».

Selon un politicien du MR, « le PS a juste du mal avec l’assurance sans complexe du GLB. Le PS se considère comme le parti francophone le plus important, et s’attend à être abordé avec égalité. Bouchez ne le fait pas. Mais parce qu’il veut tellement être respecté, il exagère un peu. Il n’a pas encore compris que l’on ne peut réussir dans la politique belge qu’avec des alliés. Et que la profession de président de parti implique aussi une certaine bonhomie. La façon dont Magnette se comporte en tant que chef d’un futur gouvernement fédéral est carrément agaçante. Mais le MR n’est pas indispensable au niveau wallon. Nous devons donc aussi ménager un peu le PS ».

Bouchez a également des relations avec son partenaire de coalition wallon, Ecolo. Les relations ont atteint un point fort bas quand, à la mi-mai, il a retiré son soutien à la nomination de la candidate Ecolo Zakia Khattabi comme juge à la Cour constitutionnelle. Le président du CDH, Maxime Prévot, est en revanche mortifié par les tentatives frénétiques de Bouchez, tout comme Louis Michel à l’époque, de déstabiliser les chrétiens-démocrates francophones et de raccoler les mandataires locaux du CDH. Et même la Première ministre Wilmès, selon son entourage, est parfois agacée par son propre président. Plus d’une fois, elle a dû recoller les pots cassés ou demander aux politiciens ciblés des autres partis de ne pas trop prêter attention aux paroles de GLB.

En quelques mois seulement, M. Bouchez a perdu beaucoup de crédit auprès de ses collègues présidents de parti en Flandre. Le verdict est presque unanime : « cet homme n’est pas fiable, dit un négociateur flamand. Avec le temps, personne en Flandre ne répondra à ce qu’il dit. Il est déjà en train de devenir une caricature de lui-même ».

Elio Di Rupo est l’homme politique avec lequel Bouchez se sent le plus proche, dit-il parfois dans les interviews. Il qualifie leur parcours de similaire : « ils viennent tous les deux du Hainaut, et tous les deux n’avaient pas facile dans leur enfance (ndr : issus d’un milieu modeste), bien que pour Di Rupo, c’était encore une autre paire de manches. Ils ne semblaient pas non plus prédestinés à la politique, ils étaient des apparitions extérieures atypiques et devaient secouer les structures de partis bien ancrées pour pouvoir se frayer un chemin. Bouchez, qui a été mordu par la politique française, est également un grand admirateur de Nicolas Sarkozy et d’Emmanuel Macron. Macron a construit un nouveau mouvement politique à partir de rien et a réussi placer le paysage politique français hors du champ traditionnel. Bouchez voudrait l’imiter.

« Mais pour l’instant, les observateurs politiques voient surtout quelqu’un qui essaie parfois de faire ses preuves dans l’excès et qui souffre d’un manque de reconnaissance. Je pense que Georges-Louis Bouchez se sent fondamentalement incompris quelque part », déclare le journaliste Marc Sirlereau.

Les réactions ont été très négatives, surtout en Flandre, lorsque Bouchez s’est présenté dans le magazine Wilfried comme un unitariste et un opposant à la Belgique fédérale. Mais ce point de vue est moins nostalgique qu’il n’y paraît à première vue. « N’oubliez pas que la fédéralisation de la Belgique a en fait renforcé le pouvoir des socialistes dans le sud du pays », dit-on au MR. Certains se demandent comment il a développé cet attachement à la Belgique. Bouchez est,  pour ainsi dire, pro-Belgique, mais en fin de compte, il n’est que pro lui-même. Personne ne fait preuve d’aussi peu de sens des responsabilités envers le pays »,  juge un président de parti.

Geooges-Louis Bouchez espère devenir un jour le Premier ministre de la Belgique. Il devra d’abord apprendre le néerlandais, mais cela ne doit pas être une pierre d’achoppement pour un perfectionniste autoproclamé. Pour faire de la politique au plus niveau, le jeune président devra réaliser qu’il y a aussi un revers à l’image de fauteur de troubles et d’enfant terrible qu’il a soigneusement cultivée jusqu’à présent.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)