Sophie Wilmès : 7 heures de palabres pour des incertitudes

Article de Farid El Mabrouk dans le Nieuwsblad du 26 avril 2020

Pas de détecteurs de coronavirus, pas de critères clairs pour déterminer quand la situation sera suffisamment sûre : toute la stratégie de sortie est-elle en danger ?

Les experts n’ont pas compris la stratégie de sortie proposée par les différents gouvernements vendredi soir. Par exemple, Erika Vlieghe, infectiologue et chef du groupe d’experts GEES qui doit accompagner le déconfinement ne comprend pas pourquoi le gouvernement tarde tant à mettre en place la prétendue recherche des contacts des personnes contaminées qui devrait commencer dès la semaine prochaine. Et selon les virologues, les magasins ouvrent aussi trop tôt. Le Premier ministre Wilmès (MR) admet qu’il n’est même pas encore clair quels critères devraient être utilisés pour évaluer le moment idéal de le faire.

Le GEES est le groupe de dix experts qui aide les gouvernements à élaborer leur stratégie de sortie. Le groupe est présidé par la responsable de l’UZA et infectiologue Erika Vlieghe. Ce dimanche, elle a clairement indiqué que les scientifiques et les experts du groupe auraient préféré que le Conseil de sécurité nationale écoute mieux leurs conseils.

Tout comme le virologue Marc Van Ranst (ndr : que le Voka, le patronat flamand voudrait expulser de ce groupe parce qu’il est trop proche du PTB), Vlieghe a également déclaré que les magasins ne devraient pas ouvrir le 11 mai. Les experts eux-mêmes avaient également proposé une semaine plus tard, mais les politiciens n’ont pas suivi ce conseil. « Je comprends leur vision, mais je pense que c’est trop tôt. Il y a encore tant de préparatifs à faire. D’autant plus qu’ils ne travaillent pas encore sur la recherche des contacts (ndr : tracing en franglais) ».

Pas de centre d’appel, pas de traceurs de contacts

En principe, cette recherche de contacts devrait commencer dès la semaine prochaine, lorsque la première phase d’assouplissement commencera. Ensuite, toutes les entreprises seront autorisées à rouvrir les portes. Cela signifie plus de trafic, plus de personnes dans les transports publics et beaucoup plus de contacts humains au travail et dans les ateliers. Et puis il sera important d’agir rapidement lorsque de nouvelles infections apparaitront.

Quiconque s’avère être infecté devrait en théorie être appelé par l’un des 2.000 « traceurs de contact » qui sont censés découvrir avec qui la personne infectée a été en contact au cours des deux dernières semaines. Ces contacts devront ensuite être joints par les « traceurs » et testés à leur tour.

L’objectif est de contenir les nouvelles sources d’infection le plus rapidement possible. Selon presque tous les experts médicaux et les décideurs politiques, il s’agit de la prochaine étape cruciale dans la lutte contre le coronavirus, une nécessité absolue avant que les mesures de confinement actuelles puissent être assouplies.

Seulement voilà, à peine une semaine avant le début de l’opération, le centre d’appel nécessaire n’est pas encore là. Même les 2.000 inspecteurs liés à cette opération de traçage du coronavirus et qui doivent effectuer les tests n’ont pas encore été recrutés. Sans parler de leur formation…

Ricanement

Le centre n’aurait-il pas dû être constitué avant d’annoncer ses activités ? « Vous ne pouvez pas imaginer depuis combien de temps nous disons cela », a coupé Vlieghe au septième jour à la Première ministre Wilmès et au vice-Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD).

De Croo a défendu cette politique en suggérant de ne pas partir de zéro. « Il y a déjà des personnes qui ont été formées pour cela (ndlr du Nieuwsblad : en effet, il y a maintenant une équipe de contrôle des maladies infectieuses avec … 20 employés). Et peut-être pouvons-nous déployer des personnes du gouvernement qui travaillent actuellement à des échelons supérieurs. Nous devons maintenant effectuer cette recherche de contacts à grande échelle, mais ce n’est pas tout à fait nouveau », déclare le vice-premier ministre. »

Encore plus de doutes : pas de critères clairs

Néanmoins, des doutes sur la stratégie de sortie de confinement du gouvernement continuent à se faire jour. Le virologue Marc Van Ranst s’est déjà interrogé samedi à VTM News sur l’opportunité de rouvrir des magasins le 11 mai. Pour y parvenir de manière efficace et sûre, le nombre d’admissions à l’hôpital doit d’abord baisser encore plus, a-t-il averti.

La Première ministre Sophie Wilmès a elle-même admis dimanche qu’il n’y a absolument aucune certitude quant à la réouverture des magasins le 11 mai. Ni de toutes les autres dates qui ont été communiquées vendredi (sic). Ce n’est que lorsque la situation se sera améliorée que le plan pourra continuer comme il l’est actuellement, a-t-elle déclaré. La situation doit être suivie en permanence, a souligné M. Wilmès. Et ce n’est que sur la base de cette surveillance que les mesures peuvent être systématiquement assouplies. Seulement : les critères qui seront utilisés pour cette surveillance n’ont pas encore été déterminés, a confirmé le Premier ministre. « Les experts n’ont pas encore défini ces critères. C’est le travail pour les semaines à venir ».

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