Les éléments statistiques du rapport de la Commission européenne (voir l’article en bas de page)  confortent les analyses développées dans mes exposés que je peux produire, quand cela m’est permis,  à savoir :

1) que l’écart de croissance du PIB selon les régions ne cesse de croître et donc que la situation économique de la Wallonie est loin des communiqués triomphants ( le dernier en provenance de Di Rupo)  qui font état de son « redressement. »,

2) qu’à l’horizon 2025, moment où progressivement les effets négatifs de la Loi de financement  – votée en 2014 par Di Rupo, le MR, le CDH et l’abstention d’ECOLO,  suite à la sixième réforme de l’État de 2011 – se feront sentir d’une manière catastrophique sur les finances wallonnes . Ceci étant délibérément  occulté par les partis politiques wallons !

3) qu’entre 2011 et 2025, cette période devait être mise à profit pour remonter la pente n’a en rien tenu les routes que le législateur pensait être prévues… ceci pesant d’autant plus dès 2025 !

4) que la théorie Bart Maddens – politologue de la KUL et sympathisant très actif de l’ N-VA ( la Flandre n’a plus besoin de réforme de l’Etat : la Wallonie s’écroule d’elle-même ) n’a rien de l’utopie que les derniers belgicains affirment. Donc que la Wallonie devra tout accepter de la Flandre !

5) que les objectifs climatiques fixés aux régions , donc pour la Wallonie dans le cas présent ne pourront non seulement être tenus faute d’argent public, mais qu’en plus, les sanctions alourdiront l’ardoise…

6) qu’il importe, pour autant que l’honnêteté politique soit présente, non seulement de soutenir toutes  initiatives culturelles et économiques en rapport avec les traités signés entre la France et la Wallonie , mais en plus de sonder les perspectives du rapprochement de la Wallonie vers la France.

Merci de ne pas se priver de transférer ce message et l’article de L’Echo de ce 7 mars qui fait suite et bien cordialement,

Paul Mélot , Tohogne, Wallonie (qui n’est pas membre du R.W.F.) -publié sur le site de l’A.W.F. le 9 mars 2019

Article paru dans l’Echo du 7 mars 2019, rubrique La matinale

Cher lecteur,
Si l’on scrute les chiffres de l’économie belge, certaines données inquiètent, comme le PIB par habitant à Bruxelles et en Wallonie, ainsi que la productivité.

En termes de création de richesse, la Flandre a mieux résisté à la crise de 2008, selon la Commission européenne. C’est un des éléments statistiques du dernier rapport de la Commission
européenne relatif aux réformes structurelles consacré à la Belgique. Les disparités régionales, voire provinciales, demeurent très importantes en termes de richesse produite dans notre pays. Et elles ont de quoi interpeller les pouvoirs publics à Bruxelles et en Wallonie.

La Commission utilise un indicateur, notamment pour orienter ses aides au développement économique : le PIB par habitant par rapport à la moyenne européenne. Méthodologie: on prend la moyenne européenne, on la ramène à 100 et on compare, province par province.

Que voit-on pour Bruxelles? Le PIB y est toujours très élevé, ce qui n’étonne pas vu son statut de capitale. Le PIB par habitant s’y établit au double de la moyenne européenne (200) en 2016 mais ce chiffre enregistre la baisse la plus importante du pays puisqu’en 2009, il était à 220. Le PIB de la Région bruxelloise a augmenté moins vite que celui de la Belgique.

Ce phénomène peut être lié à une croissance démographique plus rapide que la croissance économique, mais, relève la Commission, « le PIB de la Région de Bruxelles-Capitale, qui représentait 18% du PIB de la Belgique en 2016, a augmenté de 0,2% par an entre 2009 et 2016, ce qui est nettement inférieur à la moyenne nationale qui est de 0,8% » . En d’autres termes, l’évolution de l’activité économique est pour le moins défavorable pour la capitale. Les récents départs d’entreprises importantes peuvent alimenter les inquiétudes à cet égard.

« Les provinces belges dont le PIB par habitant était supérieur à la moyenne de l’UE avant la crise se sont non seulement redressées, mais dépassent la croissance moyenne de l’UE, exception faite de Bruxelles et d’Anvers. En revanche, les provinces dont le PIB par habitant était alors inférieur à la moyenne de l’UE tendent à stagner, voire à reculer », ajoute la Commission.

Fin de la solidarité nationale

Cette analyse met en lumière les meilleures performances de la Flandre  par rapport aux deux autres régions, à l’exception notoire du Brabant wallon, seule province wallonne où l’on constate une augmentation du PIB par habitant par rapport à la moyenne européenne.

La productivité inquiète également la Commission. « Entre 2010 et 2016, la productivité de la main-d’œuvre a augmenté de 2,6% au total en Belgique alors que sur la même période, elle a diminué de 0,5% en Région bruxelloise et n’a augmenté que de 0,74% en Wallonie », ajoute-t-elle. Elle constate que cette dernière « s’est avérée moins résiliente que le reste du pays dans le sillage de la crise ».

Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’à l’horizon 2025, les mécanismes de solidarité qui équilibrent le financement des trois Régions viendront à échéance suite au vote de la sixième réforme de l’État. Celle-ci doit responsabiliser les entités fédérées en matière budgétaire et donc atténuer les transferts entre Régions.

Matthieu Collijn, journaliste
Source: L’Echo du 7 mars 2019