Fév 25 2019

Scheiding der geesten

Jan Segers est l’éditorialiste du Laatste Nieuws, le quotidien le  plus populaire en Flandre.
Sans avoir de sympathie particulière pour Theo Francken, il déplore, au nom de la liberté d’expression, que celui-ci ait été privé de parole à Verviers. Theo Francken avait attribué cet événement à des manifestants d’extrême gauche. Or, parmi ceux-ci, on trouvait des membres du PS, des syndicalistes socialistes et chrétiens, des écolos, des gilets jaunes, etc.
Selon lui, la réaction de Francken reflète la vison qu’ont les Flamands et les Wallons les uns vis-à-vis des autres : les Flamands considèrent la Wallonie comme d’extrême gauche et les Wallons pensent que la Flandre est d’extrême droite.
Et pourtant en Flandre, seul Karel De Gucht ose encore traiter Francken de fasciste alors qu’en Wallonie même un chien avec un chapeau le pense (ndr : c’est partiellement faux, dans la mesure où un grand nombre de Wallons sont favorables à la politique de Francken).

Quant à la présence de la bourgmestre de Verviers à la manifestation, il estime non sans raison que son rôle était de faire respecter l’ordre public. Le comportement de la bourgmestre démontre le fossé qui sépare la N-VA du PS (dans la perspective de la formation du prochain gouvernement).
Pour preuves supplémentaires, les déclarations innombrables de Laurette Onkelinx traitant Francken de fasciste, les propos de Paul Magnette réclamant un cordon sanitaire autour de la N-VA car il n’y aurait plus de différence avec le Vlaams Belang et les jeunes Ecolos qui avaient déguisé l’ancien secrétaire d’Etat à la migration en officier allemand.
Nous ajouterons que pour une grande partie de la Flandre, Groen est un parti…  d’extrême gauche !

En conclusion, Jan Segers estime que les incidents de Verviers prouvent que la Wallonie est à gauche et la Flandre à droite et que dans cette configuration elles se comprennent de moins en moins. « Qui  nie cette réalité est carrément aveugle », martèle Segers. Il a d’ailleurs titré son éditorial de vendredi passé : « scheiding der geesten », « divorce des esprits ».