Nov 15 2017

FGTB : le dernier pilier ?

Bart De Wever n’a pas toujours tort : il y a bien deux sociétés diamétralement opposées qui coexistent avec de plus en plus de difficulté sur le sol belge. Et les derniers sondages politiques ne sont pas faits pour arranger les choses. La Flandre est bien ancrée à droite, et non au centre droit, et la Wallonie à gauche, voire davantage comme le montre l’émergence du PTB.

Aujourd’hui, la FGTB a de plus en plus de peine à trouver une ligne commune entre son aile flamande et son aile wallonne. Ils sont nombreux au syndicat socialiste à considérer qu’il faut désormais s’adapter à cette nouvelle réalité politique et sociologique. La scission de la FGTB n’est plus un sujet tabou dans la mesure où certains Wallons tiennent des positions trop radicales par rapport aux Flamands qui estiment que des grèves « nationales » nuisent trop souvent à l’intérêt de leur économie.

Plus inquiétant, le président de la FGTB en personne, Robert Vertenueil, reconnaît que les Flamands noyautent de plus en plus l’appareil du syndicat, les services centraux, les services d’études et la présidence de la majorité des centrales. Or, ces centrales détiennent un pouvoir plus important que celui du Bureau fédéral.

La tête de la FGTB survivra-t-elle aux tendance centrifuges de ses cadres, mais aussi de sa base ? C’est tout l’enjeu des prochaines années.

Enfin, la FGTB traverse un moment difficile à travers le système de paiement des allocation de chômage. Certaines régionales ont même déposé un dossier « d’entreprise en difficulté » (sic). La prolongation du stage d’attente des jeunes et la diminution des allocations de chômage (c.à.d. l’exclusion de chômeurs) ont entraîné une perte sèche en matière de cotisations.
Il est à souligner que les syndicats français ne sont pas entrés dans un système de collusion avec le pouvoir où la CSC et la FGTB ont accepté de jouer un rôle de gestionnaire des allocations des sans-emploi, alors que leur raison d’exister est par essence la défense des intérêts des travailleurs ! De même, la République n’octroie pas aux affiliés une « prime syndicale », cette prime exprimant, selon nous, une forme de sujétion de l’appareil syndical au pouvoir en place.
C’est le moment de rappeler ici le fait que de nombreuses mesures du gouvernement « Michel Un », en référence à son homonyme le bonhomme Michelin réputé indégonflable, touchent davantage une Wallonie moins prospère. Dans le domaine des soins de santé, c’est flagrant. Maggie De Block semble cibler les secteurs où les Wallons, selon les études « officielles », sont censés gaspiller davantage que les Flamands. Une Sécurité sociale sur mesure pour les Flamands, tel est l’objectif d’une Flandre qui se contenterait volontiers d’une Belgique « coquille vide » à quatre régions où elle augmenterait sa mainmise sur la région de Bruxelles-Capitale et où elle ne verserait plus un eurocentime à la Wallonie.
Pour mémoire, les allocations familiales, le Code du travail et les commissions paritaires ont déjà été scindés.

Note : il y a belle lurette que le modèle de concertation sociale « à la belge » a pris l’eau.