Les manquements de l’Etat belge font peur

Damien Ernst, professeur de l’Université de Liège spécialisé dans les systèmes électriques, estime que la panne survenue chez Belgocontrol est probablement liée à un défaut de prévoyance et à un souci de maintenance. Il s’étonne qu’une telle panne ait pu survenir chez un contrôleur aérien. Selon M. Ernst, Belgocontrol, comme tout système critique, est relié au réseau électrique mais dispose également d’une alimentation électrique de secours, soit via des batteries, soit via une machine synchrone qui prend le relais en cas de perturbation. « Ce système de relais n’a visiblement pas fonctionné », observe Damien Ernst.

Ce professeur en électromécanique, qui avait dénoncé l’an dernier un déséquilibre entre la Flandre et la Wallonie dans le plan de délestage, considère que le système électrique de secours de Belgocontrol n’a probablement pas fait l’objet d’une maintenance suffisante. « L’an dernier, lors du risque de black-out en Belgique, on s’est rendu compte qu’une part significative des systèmes de secours (électriques) des hôpitaux ne fonctionnaient pas« , relève-t-il.

Dans les systèmes critiques, en cas de panne, des batteries prennent le relais dans un premier temps tandis que des générateurs, fonctionnant par exemple au diesel, se mettent rapidement en marche. Pour des systèmes plus critiques, ce sont des machines synchrones qui prennent le relais. Ces machines fonctionnent en permanence et sont prêtes à intervenir dès qu’elles décèlent une perte de courant.

Visiblement, chez Belgocontrol, ce système de secours n’a pas fonctionné, conclut le professeur Damien Ernst.

Source : DH