Jan 14 2015

Le numero uno wallon pointé par le Guardian pour son incompétence

Dans un article intitulé « Mons: c’est la Capitale européenne de la Culture – mais les habitants veulent juste aller à Ikea », The Guardian s’en prend avec virulence aux choix et à la politique de la ville hennuyère. Le critique « design et architecture » du quotidien britannique explique que « Seul l’un des nouveaux bâtiments est prêt mais sa pièce maîtresse doit être démontée après que des morceaux soient tombés – et les gens sont plus excités par l’arrivée prochaine d’un Ikea. La ville belge sera-t-elle le dernier clou du cercueil des Capitales européennes de la Culture ?« .
Après avoir décrit l’effervescence suscitée par l’arrivée de l’oeuvre d’Arne Quinze, le journaliste embraye : « Ça, c’était la semaine dernière. Maintenant, tout ce qui reste de la pièce maîtresse de 400.000€, ce sont quelques souches jonchant la chaussée. » Car la sculpture, qui était destinée à embellir la cité du Doudou pour les cinq prochaines années a dû être démontée à peine cinq semaines après son installation, suite à des doutes sur sa stabilité et la chute de quelques morceaux de bois.

The Guardian cite ensuite « l’exubérant bourgmestre Elio Di Rupo » par ces mots : « C’est une mesure de précaution. Nous n’allons prendre aucun risque. Nous avons discuté de la reconstruction mais nous devons devoir absorber le choc. »
Le journaliste affirme que cet effondrement « annonce un début difficile pour une année de célébrations culturelles qui a jusqu’ici été marquée par une absence notable des projets promis. » Parmi lesquels : la gare (« qui, pour l’instant, n’en est qu’à la fondation en béton« ) ou les cinq musées (« qui sont encore en construction et ouvriront, au plus tôt, en avril« ).
Signalant que Mons est surnommée par les Britanniques « The First and the Last » (car le premier et le dernier soldats britanniques y sont morts durant la Première Guerre mondiale), The Guardian reprend la formule et la tourne en dérision : « Cela pourrait aussi être le sous-titre de son année culturelle : la première à avoir postulé et la dernière à être prête. »
The Guardian se demande encore si la « courageuse » ville de Mons avait bien besoin d’une gare signée Calatrava. L’architecte de renommée internationale étant pointé du doigt pour ses « budgets qui représentent des gouffres financiers. »
« La Capitale européenne de la culture maintient sans relâche une logique peu approfondie », ajoute le journaliste, qui critique cette volonté de faire appel à des architectes connus pour redorer l’éclat d’une ville. « C’est comme des enfants dressant leur liste de cadeaux pour Noël. Cela amène les bourgmestres à rêver à de grands et luxueux bâtiments dont ils n’ont pas besoin et qu’ils ne peuvent se permettre financièrement, délaissant trop souvent un grand nombre de monuments surdimensionnés sous-utilisés dans son sillage. « 

Le journaliste conclut sa diatribe en précisant qu’en quittant Mons et en se renseignant sur l’aspect de la prochaine gare, le responsable presse de la ville lui précise : « La plupart des gens à Mons sont bien plus excités par l’arrivée imminente d’un magasin Ikea. »

Souce : La Libre du 14 janvier 2015

Photo : le champion de la liberté d’expression entarté à Gand