Jan 23 2012

Di Rupo snobe la France, premier investisseur en Wallonie

Il paraît que la tradition belge veut que le premier pays visité par le nouveau Premier ministre belge soit les Pays-Bas. M. Di Rupo a donc réservé sa première visite officielle internationale à ce pays ami de la Belgique et de la Flandre.
Ensuite, il a fait une incursion au Grand-Duché de Luxembourg, lié à notre dynastie par le sang. Aujourd’hui, il a rendu visite à Angela Merkel, la dirigeante de la première puissance européenne.
De là, il se rendra en France pour saluer son homologue François Fillon.
Eh bien non ! Sous le prétexte incongru de ne pas s’immiscer dans le débat électoral présidentiel, M. Di Rupo a fait l’impasse d’une rencontre avec son voisin français, qui forme avec l’Allemagne le tandem de tête de l’Union européenne.

Cette absence à Paris est d’autant plus dommageable que la France est venue par quatre fois au secours de la Belgique pour sauvegarder l’indépendance de celle-ci.

1 et 2.
En 1831 et 1832, avec les armées du Maréchal Gérard qui emportèrent la forteresse d’Anvers face aux Néerlandais.
Savez-vous qu’il y a autant de Belges morts pour l’indépendance de la Belgique que de Français (plus de 300) ?
3. En 1914, les « poilus » viennent au secours du Roi Albert et de ses troupes pour préserver l’indépendance de la Belgique qui fait face à l’invasion allemande programmée par l’Empereur Guillaume II.
4. En 1940, malgré la dénonciation de l’accord militaire avec la France en 1936 sous la pression du mouvement flamand fascisant et avec la complaisance du roi Léopold III, les Bleus remontent une fois de plus vers le Nord pour tenter, en vain, d’entraver l’offensive von Rundstedt de l’Allemagne nazie.
Des milliers de soldats français paieront de leur vie la défense de l’intégrité du sol belge : à Gembloux, à Ittre, à Yvoir, etc. Les cimetières militaires français sont innombrables en Wallonie.
Enfin, tant en 14-18 qu’en 40, la France a accueilli des millions de réfugiés belges. Ainsi l’ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene est-il né à Montpellier en 1940 !

Mais M. Di Rupo n’a sans doute qu’une faible connaissance de ces faits historiques.
En tout état de cause, il devrait savoir qu’une visite à Matignon se place évidemment au-dessus de tout débat partisan.
Ce type de cérémonie officielle savamment orchestrée ne rend pas hommage à un militant de l’UMP, mais à un pays avec qui l’on entretient de bonnes relations.
Plus qu’une erreur, snober la France représente un faux-pas majeur et une injure à l’Histoire des deux pays de la part du Premier ministre belge.