Archives de la Catégorie : Echo de flandre

mai
13
2013

Astrid du même tonneau percé que Philippe ?

Ceux qui pensaient naïvement que la Princesse Astrid pourrait un jour pallier les déficiences du Prince Philippe en devenant régente du Royaume de Belgique en sont pour leurs frais aujourd’hui.
Lors de l’émission De Zevende Dag, l’équivalent des messes dominicales francophones Mise au Point et Controverse, elle est apparue aussi coincée que son frère.
Dans un luxueux salon, elle s’est exprimée sur les Special Olympics par clichés dans un néerlandais poussif.
Cette piètre prestation lui a valu une volée de bois vert de la part de l’opinion flamande.
L’avenir des Saxe-Cobourg en Flandre semble décidément bien sombre…

L’interview d’Astrid (video)

L’opinion flamande tire à boulets rouges sur la princesse Astrid

Lien Permanent pour cet article : http://www.rwf.be/?p=6581

mai
11
2013

La Flandre : une révolution tranquille…

La Belgique « coquille vide » : prochain objectif de la Flandre en 2014
Carte blanche de Paul-Henry Gendebien,
Président fondateur du R.W.F.

La Flandre, appréhendée comme une collectivité politique, n’aime plus la Belgique pour autant qu’elle ait jamais eu beaucoup d’inclination pour elle. Elle ne l’aime pas en dépit de la soumission du Royaume au poids de sa majorité – 88 Flamands sur 150 députés à la Chambre des Représentants. Parfois aidée, il est vrai par un certain activisme wallon anti-bruxellois. La Flandre militante a entrepris de désosser l’État belge, au terme d’un processus évolutif qui passerait temporairement par un confédéralisme de moins en moins honteux. D’ores et déjà, elle a instrumentalisé les institutions centrales à son profit, en flamandisant leurs directions. C’est le cas de l’armée, de la police fédérale, de la Sûreté, de la diplomatie, de la Poste, de la SNCB, de Brussels Airport. Le mouvement flamand qui s’est insinué dans tous les partis, dans la presse (même francophone!), dans les milieux patronaux et universitaires, en est venu à conclure que c’est la Belgique elle-même – et non plus uniquement la Wallonie – qui coûte cher, trop cher à la Flandre. Même aux yeux des cercles flamands modérés, le fonctionnement actuel du système fédéral belge est ressenti comme une charge et un obstacle à la prospérité.

Au début des années 1980, le Premier ministre britannique Margareth Tatcher avait augmenté sa notoriété en annonçant à l’Europe médusée sa volonté de récupérer sa mise et de réduire sa contribution budgétaire : « I want my money back. » A cette époque déjà, un certain M. Geens, Ministre-président (C.V.P.) du Gouvernement régional flamand, avait donné le ton : « …Plus un franc flamand pour l’acier wallon ! » La volonté flamande d’aller vers une scission d’une bonne partie de la fiscalité fédérale n’est pas nouvelle, mais c’est surtout dans le courant de l’été 2010 qu’elle a fait une irruption remarquée dans le débat public. Le Président de la N-VA, M. Bart De Wever, s’est fait le porte-parole de la Flandre en exigeant de « maîtriser nos dépenses mais aussi nos recettes », en un mot l’autonomie fiscale habilement requalifiée en « responsabilisation des entités fédérées », manière comme une autre d’enrober d’un parfum moral une revendication séparatiste. Et le chef du premier parti flamand de préciser qu’il faut « mettre un terme au fédéralisme d’argent de poche », une formule imagée qui a fait mouche en Flandre. Ce que préconise la N.V.A., c’est une scission de l’IPP – l’impôt sur les personnes physiques – dans une proportion significative d’au moins 50% pour l’instant. Mais elle ne néglige pas non plus l’impôt sur les sociétés qui est lui aussi dans son collimateur.

Les aspirations du mouvement flamand, nées au dix-neuvième siècle et parvenues à leur maturité dans la seconde moitié du vingtième, furent d’abord culturelles et linguistiques, puis sociales et politiques. Au cours de la dernière décennie, elles se sont enrichies d’un souverainisme économique et fiscal porté par les puissantes organisations patronales telles que le VOKA. et l’UNIZO. La crise financière de 2008 et ses conséquences ont révélé à la Flandre qu’elle n’était pas à l’abri des délocalisations industrielles et autres effets pervers d’une mondialisation mal contrôlée par les Etats et par l’Union européenne. Une inquiétude s’est manifestée : quel avenir pour l’économie de la Flandre, le niveau de vie de sa population, l’attractivité de son territoire et la compétitivité de ses entreprises ? Et ce n’est pas l’Europe qui a répondu à ces interrogation, une Europe qui a déçu car bien en peine de promouvoir un plan de relance volontariste. De surcroît, la fragilité de l’euro et les doutes quant à sa pérennité ne sont pas de nature à apaiser les craintes des acteurs économiques et sociaux. Cet arrière-plan indique pourquoi la Flandre veut rompre avec le pacte fédéral des années 1980 ou au moins en modifier radicalement les règles de fonctionnement. Elle veut supprimer ou réduire les transferts financiers vers le sud, mieux gérer les budgets publics, dynamiser l’investissement et l’emploi ; alléger les charges sur la production. Mais dans la réalisation de ces objectifs, elle constate une impuissance belge qui serait due à la structure encore trop « belge » du pouvoir et au veto des partis francophones jugés trop à gauche idéologiquement.


La Flandre se prépare donc à compter pour l’essentiel sur ses propres forces. Elle estime avoir les moyens de tenir par elle-même son rang de région privilégiée et concurrentielle. Elle veut déterminer elle-même sa propre politique de l’emploi – gestion du chômage, formation, conditions du licenciement – et la hauteur de sa fiscalité, notamment sur les sociétés. Les autorités flamandes s’inquiètent également de l’énormité de la dette publique et des déficits annuels, craignant une ruée spéculative de la part des marchés internationaux contre la Belgique à l’instar des attaques subies par la Grèce, le Portugal ou l’Irlande. Dans ce contexte, on saisit mieux l’impatience grandissante des responsables économiques. En l’occurrence, quand on évoque le monde des affaires flamands ce n’est pas vraiment au grand patronat que l’on songe ; celui qui fréquente les derniers salons huppés de Bruxelles et qui a ses entrées à Laeken ; c’est plutôt à ce réseau très dense de plusieurs dizaines de milliers de petites et moyennes entreprises. C’est l’un des tissus les plus solides de la société flamande. Et son influence électorale, non négligeable, peut même se révéler déterminante à l’occasion de certains scrutins.
La connivence accrue que l’on observe entre un pilier politique autonomiste et un patronat actif – et plus politisé qu’en Wallonie – se fonde sur une commune perte de confiance dans un État belge considéré comme inefficace. Certains analystes francophones, avec beaucoup de légèreté, avaient escompté un apaisement du feu communautaire quand la crise financière, puis budgétaire avait éclaté ; c’est tout le contraire qui s’est produit, la crise ayant procuré des justifications supplémentaires au séparatisme flamand.


La N-VA. est donc loin d’être isolée dans la société flamande. Le discours de Bart De Wever est en symbiose à la fois avec la tradition historique du mouvement flamand avec les attentes d’une partie importante de la population, et avec le style décontracté d’une élite jeune, moderniste, décomplexée. C’est pourquoi les dénonciations violentes ou maladroites proférées à son encontre sur l’air de la vertu outragée, par une intelligentsia francophone déboussolée par la faillite de la belgitude, apparaissent en Flandre comme déplacées, pour ne pas dire contre-productives.

Les autres partis flamands, conscients du soutien populaire récolté par la N.V.A., s’alignent sur tout ou partie des positions exprimées par M. De Wever qui, se profile, jusqu’à nouvel ordre, comme le maître incontesté de l’échiquier politique et électoral de sa communauté.
Au soir des élections du 13 juin 2010, la N-VA. est devenue le premier parti en Belgique et en Flandre. Elle dépassait les meilleurs résultats qu’avaient pu atteindre autrefois la Volksunie ou le Vlaams Blok. Son ascension aura été fulgurante. En 2003, elle engrange moins de 5% des voix, mais son association (cartel) avec le vieux parti catholique – le CD&V – permet une conjonction intéressante. A la Chambre, en 2007, les deux partis s’adjugent ensemble 30% de l’électorat dont un quart environ a été mobilisés par la N.V.A. En 2008, la séparation des deux formations est à l’origine d’une inversion de leurs poids respectifs au profit des nationalistes purs et durs de M. De Wever, même si de plus en plus d’élus C.D.&V sont eux aussi contaminés par le virus séparatiste et entretiennent de fructueuses alliances avec la N.V.A. sur le terrain communal. Aux élections régionales de 2009, le parti de M. De Wever réalise un bond à 13,1%, tandis que celui de M. Leterme plafonne à 22,9%. Aux législatives de 2010, la N.V.A. triomphe : avec 27,9% à la Chambre et 31,7%. Au Sénat, elle propulse une quarantaine de parlementaires à Bruxelles, le C.D&V, premier parti en Flandre depuis la nuit des temps et pilier de l’Etat plonge à 17% des voix flamandes…

Dans tous les sondages publiés récemment, l’ex-cartel CDV&N-VA. totalise à lui seul près ou plus de 50% des intentions de vote, auxquelles on doit ajouter celles qui se portent sur le Vlaams Belang (10%) et sur la Lijst Dedecker (3%). On n’oubliera pas non plus qu’il existe des tendances nationalistes à l’intérieur même des familles libérale et socialiste. Le parti de M. Verhofstadt – qui excelle à « faire le Belge » devant les publics francophones – est truffé d’ancien voltigeurs de la Volskunie tels que Bart Somers, Willem Schiltz, Vincent Van Quickenborne et d’autres encore. Les socialistes ont ouvert leurs rangs à Bert Anciaux et les écologistes de Groen, le parti vert officiellement modéré, ont donné un mandat de sénateur au nationaliste Geert Lambert et à leur eurodéputé indépendantiste Bart Staes.

Il faudrait qu’on cesse de se bercer d’illusions du côté francophone : l’électorat flamand vote et votera de plus en plus massivement pour une Flandre maîtresse de son destin et dans la foulée, pour une Flandre ancrée idéologiquement au centre-droit ou à la droite de la carte politique. Trop longtemps les élites, en Wallonie et à Bruxelles – les dirigeants comme les faiseurs d’opinion – ont sous-estimé et même désiré sous-estimer la radicalité du nationalisme flamand. « Les objectifs de celui-ci, sinon ses méthodes sont révolutionnaires : transformer ce qui est déjà un embryon de souveraineté nationale en État, obtenir un siège au Conseil européen au même titre que le Danemark ou la Hongrie, traiter directement avec Mme Merkel, M. Hollande ou M. Cameron sans devoir transiter par un intermédiaire belge inutile ; parachever la modernisation de la société flamande et son ouverture sur le monde extérieur. Certes, ces ambitions sont contrariées par la diffusion d’une image flamande peu brillante, celle d’un populisme sectaire qui viole les principes démocratiques de l’Union européenne par des mesures discriminatoires à l’encontre des habitants francophones du Brabant flamand. Il n’empêche : la Flandre n’a pas l’intention de changer de cap et d’infléchir sa volonté de pratiquer l’épuration culturelle et politique dans la périphérie de Bruxelles. Et on ne voit pas ce qui pourrait ralentir l’évaporation belge, formule due à l’actuel Commissaire européen « belge », M. Karel De Gucht. Et personne en Flandre n’a protesté quand le député Eric Van Rompuy a estimé que « la Belgique est cliniquement morte ». D’Ostende à Hasselt, d’Anvers à Zaventem, une sorte de révolution tranquille est en marche, soutenue par un puissant ressort, qui finira par avoir raison de l’État belge, sans avoir tiré un seul coup de feu comme résultat d’un ressentiment collectif qui remonte au lointain dix-neuvième siècle.

Photo : Paul-Henry Gendebien et notre président Laurent Brogniet à une réunion du R.W.F.

Lien Permanent pour cet article : http://www.rwf.be/?p=6566

mai
11
2013

Le socialiste flamand Bert Anciaux : confédéraliste et républicain

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Knack de cette semaine, le socialiste flamand Bert Anciaux est persuadé que Bart De Wever lâchera un jour ou l’autre Bruxelles, qui ne serait qu’une monnaie d’échange lors de futures négociations, pour faciliter l’indépendance de la Flandre. Comprenant le danger d’isolement guettant la petite minorité néerlandophone à Bruxelles, Anciaux opte résolument pour le confédéralisme, avec Bruxelles comme capitale de la Flandre et… de la Wallonie, fait nouveau.
Toujours selon lui, l’idée de larguer Bruxelles gagnerait du terrain en Flandre. Elle a compris que les Bruxellois, à l’occasion d’un referendum, ne choisiront jamais le rattachement de leur ville-région à la Flandre.
Plus loin, l’ancien patron de la Volksunie, se déclare encore et toujours « un vrai patriote flamand » (qui en doutait?). Il précise que les socialistes flamands eux aussi ont fait un pas vers « plus de Flandre ». Ce n’est pas une démarche antifrancophone mais une simple volonté de prendre comme point de départ de leur action politique l’identité flamande.

Et de conclure en évoquant… les prochaines réformes de l’Etat !

Note : Bert Anciaux a été longtemps l’homme le plus populaire en Flandre.

Bert Anciaux : républicain

Lien Permanent pour cet article : http://www.rwf.be/?p=6559

mai
08
2013

Le R.W.F. est le seul parti républicain en Wallonie et à Bruxelles

Dans une lettre ouverte au Prince Philippe sollicitée par l’hebdomadaire Knack auprès de tous les présidents flamands, Bart De Wever écrit : « Je ne suis pas un grand spécialiste de l’expression corporelle mais, lors d’apparitions publiques, votre attitude respire l’obligation ». « Ce que c’est d’ailleurs: une obligation. Indubitablement, vous traduirez: votre devoir. La meilleure des choses serait de vous libérer de ce devoir ».
M. De Wever juge hypocrite le discours de nombreux responsables politiques belges pour qui il y a des républicains dans tous les pays du monde, sauf en Belgique. Il aligne les reproches à l’égard d’une institution envers laquelle il n’éprouve aucune sympathie, pointant notamment les coûts d’entretien d’une famille supportés par la collectivité.  Et De Wever de poursuivre : « Le Roi joue toujours un rôle politique. J’ai pu le découvrir pendant les négociations de 2010 dans lesquelles votre père s’est impliqué en tant qu’appendice politique du PS et a collaboré activement à évincer la N-VA des discussions gouvernementales ».

Dans d’autres partis flamands, le ton est également critique.
Le président de Groen estime que Philippe ne doit pas se mêler de politique. « Reconnais-le, le pouvoir politique que tu reçois parce que tu es, par hasard, le fils de ton père, c’est quand même d’un autre temps », a lancé Wouter Van Besien.
« Ne serait-il pas temps d’en finir avec cette relique? »

Quant au président du CD&V, jadis le meilleur soutien de la couronne, Wouter Beke qualifie la monarchie d’ « anachronisme, un reste d’un temps depuis longtemps révolu lorsque le pouvoir se transmettait par héritage et non par des élections démocratiques ».
« Beaucoup ont tout de même le sentiment que la monarchie correspond bien à un pays aussi délicat que la Belgique. Mais ce sentiment n’existe que par la grâce d’une saine dose de réserve ».
« Au cours des dernières décennies, les Flamands ont souvent eu le sentiment que la Maison royale n’était pas vraiment la leur. Je sais bien qu’à l’instar du Roi, vous veillez minutieusement au bilinguisme dans tous les aspects de votre travail. Et, objectivement, il n’y a pas grand chose à vous reprocher. Mais la perception est tenace, vous devrez donc fournir des efforts supplémentaires ».

La présidente de l’Open Vld, Gwendolyn Rutten, se contente de demander au Prince Philippe de « se décoincer » (à l’image de la famille royale des Pays-Bas) : « Ne vous enfermez pas. Ne suivez pas simplement la tradition mais sortez de ce carcan. Suivez vos sentiments et apprenez à nous connaître le mieux possible ».

Le président du SP.a n’a pas voulu se prêter au jeu, mais nous reviendrons bientôt sur ces sociaux-royalistes…
Du côté francophone, tout les partis se sont crus obligés de renouveler leur allégeance au trône.
Sauf le R.W.F.
Autant dire que pour le MR-PS-CDH-ECOLO-RTBF, les républicains n’existent tout simplement pas !

Source : Knack du 8 mai 2013

Lien Permanent pour cet article : http://www.rwf.be/?p=6535

mai
04
2013

Le sépagravisme belge plus grave que le séparatisme ?

Ils nous ont dit : ce n’est pas grave après le déraillement d’un train de marchandises à Schellebelle (Wetteren) suivi de la dispersion dans l’air de produits extrêmement toxiques dans l’air. « Tout est sous contrôle. On a pris des mesures au sol et tout va bien. » Même si les riverains de l’accident étaient appelés à se cloîtrer chez eux dans un périmètre non négligeable et que 500 personnes ont dû être évacuées. Même s’il a été question de fuite de cyanure. C’était le produit préféré des dirigeants nazis pour échapper à la condamnation de leurs crimes !
Ce dimanche, on apprend qu’il y aurait un ou deux morts et quarante neuf blessés et que l’accident serait dû à une erreur d’aiguillage (au conducteur selon la version officielle).
C’est à se demander si le « sépagravisme » de l’Etat belge n’est pas plus dangereux pour notre population que le séparatisme ! Rappelons ici les nombreuses questions soulevées en matière de sécurité de nos centrales nucléaires.
Une fois de plus, le R.W.F. demande la démission de l’incompétent CEO de la NMBS, et accessoirement SNCB.
Après Buizingen, Arlon et Godinne, dont les victimes ont été indemnisées à la sauvette afin d’éviter un procès à la Ghislenghien, cela suffit. Descheemaecker et ses sbires : buiten !

Du cyanure s’est échappé des citernes…

NMBS (SNCB) : près de 4 milliards de dettes

La SNCB n’investira plus en Wallonie

La SNCF, son RER et ses TGV à bas pris : 7 milliards de dettes (au prorata belge : à diviser par 6)

Accidents SNCB : presque autant d’accidents en ce début de 21ème siècle que durant tout le 20ème siècle !

Lien Permanent pour cet article : http://www.rwf.be/?p=6489

mai
04
2013

La Wallonie en marche ? Les Flamands ne sont pas dupes !

Vincent de Coorebyter quitte le CRISP pour une chaire de philosophie sociale à l’ULB.
Il a accordé un long entretien au quotidien financier L’Écho de ce samedi.
La fin de celle-ci est particulièrement intéressante : dans le cas où la N-VA ne serait pas incontournable en mai 2014, le gouvernement Di Rupo continuerait avec les mêmes collaborateurs flamands jusqu’en 2019, histoire de mettre en œuvre tranquille peinard la sixième réforme de l’État.

Une législature de pause, avant quoi ? La préparation d’une dislocation de l’État ?
Pas forcément. Dans le monde politique et surtout économique, les thèses séparatistes ont reflué en Flandre par comparaison avec le milieu des années 2000, Ce reflux est dû au fait que la Flandre a pris conscience de sa dépendance économique à l’égard de Bruxelles (note du R.W.F. : la majorité des Flamands se contenterait bien d’une Belgique « coquille vide », d’un Etat fédéral en peau de chargin dominé par la Flandre).
La stratégie a changé : augmenter encore le pouvoir de décision flamand au sein de l’État belge.

Ce n’est pas neuf…
Non, mais le danger serait donc d’une autre nature. Si la Flandre gagne encore en richesse tout en flamandisant l’État belge, le vecteur principal de déstabilisation de la Belgique pourrait être du côté des… francophones. A un moment, ne parvenant pas à rééquilibrer les forces, ils pourraient être, eux, tentés d’en finir avec la Belgique. Parce qu’ils s’y sentiraient dominés d’une manière inacceptable. C’est une pure hypothèse bien sûr.

Dans la même édition, L’Écho tente péniblement de nous faire croire que la Wallonie est le nouvel Eldorado et que la Flandre est en complète débandade. Malheureusement, les chiffres d’Eurostat ne plaident pas en faveur de la Wallonie.
Plus de 30 points d’écart séparent la Flandre de la Wallonie au niveau du PIB (SPA ou pouvoir d’achat effectif).
Aucune région de France métropolitaine ne se situe à un niveau aussi bas et le PIB du Hainaut, le fief de M. Di Rupo, est catastrophique pour une province du Nord de l’Europe.
Et rien ne dit que, dans le contexte de crise financière et économique, le patronat flamand ne conclue prochainement que l’État belge lui coûte cher.
Très cher.

La cruauté des chiffres d’Eurostat : région par région, province par province…

Lien Permanent pour cet article : http://www.rwf.be/?p=6477

avr
27
2013

Magnette le grand flandrin

Paul Magnette, le Président potiche du PS, vient de sortir « Le monde à l’envers, chroniques pour une sortie de crise » (Luc Pire, 2013), une compilation de ses chroniques. Pour Magnette, de par leurs traditions communes avec les Flamands, les Wallons seraient des Flamands du Sud. Après tout, un autre homme politique célèbre avait bien sorti que les Wallons étaient des Germains qui parlaient le français…
Extrait révélateur intitulé « Nous, les Flamands du Sud » (sic)  :

« Quand on cherche à comprendre ce qui fait la singularité d’une communauté, son « génie » ou son « caractère commun » comme l’on disait autrefois, le plus simple est encore de se plonger dans l’un ou l’autre grand roman « national », l’un de ces romans dans lequel l’auteur a su capter, à travers mille petits détails, la tournure propre de son peuple. »
Et Magnette de citer deux œuvres d’auteurs flamands : La merditude des choses de Dimitri Verhulst et La langue de ma mère de Tom Lanoye. Des ouvrages à peu près non lus en Wallonie.
« Chez Lanoye comme chez Verhulst, on se moque de l’autorité des politiques, de l’Église.[,,,]
On décrit la méfiance à l’égard du progrès, de la nouveauté, des grandes villes, des étrangers, de tout ce qui bouscule les habitudes, mais sans élan réactionnaire et sans passion conservatrice. [,,,]
Le corps est partout, sans fausse pudeur. On se touche et on se frotte, on pète et on rote, on constate sans dégoût l’effet de l’âge et des excès sur le corps des autres et le sien. L’argent aussi est partout, qu’il manque ou qu’il afflue, et l’on en parle aussi naturellement que l’on parle des corps, de leurs plaisirs et de leurs pannes.
Les personnages de Verhulst et de Lanoye sont, jusqu’à la caricature, dans la grande lignée du baroque flamand. Truculents et portés sans réserve sur les plaisirs de la chère.
Frondeurs et rieurs. Fascinés par les « petits plaisirs » qui font tout le sel de l’existence, la bière et les charcuteries, le cyclisme, la colombophilie, le jardinage et le théâtre amateur [,,,]
Ils sont, à cet égard, très singuliers, très différents des personnages que l’on rencontre dans d’autres traditions nationales [,,,]
On ne trouve nulle nulle part chez nos voisins la même combinaison de goûts et d’habitudes. Sauf n’en déplaise aux puristes de la communauté de langue, dans cette autre partie mentale et si lointaine qu’est le sud de la Belgique.
Nous, Wallons et Bruxellois, avons des familles qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles de Verhulst et de Lanoye, et c’est sans doute pour cela que nous nous sentons comme chez nous dans cet univers flamand et pourtant si semblable.
(note : Magnette devrait s’installer à Aalst/Alost !)

Autre extrait révélateur : « J’ai même dîné, un soir, dans un « Belgian Café », version noir-jaune-rouge du mondialement célèbre Irish pub. Et nos commensaux, Belges ou pas, semblaient parfaitement heureux de dîner de moules frites arrosées de Stella dans un décor de bistrot marollien des années cinquante perdu dans un hôtel du désert qatari. En fin de soirée, l’un d’entre eux musardait même une légère Brabançonne. Il est curieux, ce pays que l’on aime d’autant plus que l’on s’en éloigne. Mais à bien y réfléchir, dans un monde où les « identités chaudes » sont à nouveau à la mode, le patriotisme bien tempéré des Belges n’est pas sans charme. »

Conclusions du R.W.F après la lecture de ces textes hallucinants : que font encore les régionalistes wallons dans le parti du crypto-flamand Paul Magnette ?

Les Beste Vrienden de M. Magnette en action

Source : Le Vif – 25 avril 2013

Lien Permanent pour cet article : http://www.rwf.be/?p=6413

Articles plus anciens «